La situation se détériore rapidement sur l’île caribéenne. Frappée par de graves pénuries de nourriture et d’électricité, la population cubaine exprime une frustration grandissante qui vient de franchir un nouveau palier dans le centre du pays, sur fond de pressions économiques américaines de plus en plus intenses.
Dans la ville de Moron, au centre de Cuba, des manifestants ont incendié les locaux du comité municipal du Parti communiste. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les autorités ont procédé à l’arrestation de cinq personnes à la suite de ces événements, qualifiés d’« actes de vandalisme » par le gouvernement. Le journal d’État Invasor a confirmé que ce qui avait débuté comme un échange pacifique a dégénéré en attaque directe contre le siège de la formation politique. Des vidéos non vérifiées, citées par l’agence Reuters, montrent des individus jetant des pierres sur le bâtiment en flammes, aux cris de « liberté ».
D’autres édifices publics auraient également subi des dommages au cours de la nuit. Bien que les manifestations soient relativement rares à Cuba, les conditions de vie actuelles poussent une partie de la population à braver les interdits. Ces dernières semaines, des habitants ont renoué avec le « cacerolazo » — un concert de casseroles nocturne — pour protester contre le manque de vivres. Parallèlement, des étudiants de l’Université de La Havane ont organisé un sit-in lundi, après la suspension de leurs cours due aux restrictions énergétiques.
Cette crise interne est profondément exacerbée par la politique étrangère américaine. Les conditions économiques de l’île se sont effondrées depuis que Donald Trump a bloqué son accès au pétrole, dans le but de faire chuter le gouvernement de La Havane. Le président cubain Miguel Diaz-Canel a indiqué vendredi qu’aucune cargaison de carburant n’avait atteint Cuba depuis trois mois.
Cette asphyxie énergétique découle d’une série de décisions de Washington. Donald Trump a d’abord ordonné l’arrêt des transferts de fonds et de pétrole vénézuélien vers Cuba, à la suite de l’opération américaine du 3 janvier au Venezuela ayant conduit à l’enlèvement de l’ancien président Nicolas Maduro. Le 29 janvier, un décret exécutif américain a formellement coupé la capacité de Cuba à importer des combustibles fossiles, menaçant de sanctions tout pays fournisseur. Une mesure dévastatrice pour le réseau électrique cubain, vieillissant et dépendant des hydrocarbures.
La stratégie américaine semble s’inscrire dans un plan plus vaste. Lors d’une rencontre avec des dirigeants latino-américains dans sa résidence de Mar-a-Lago le 7 mars, Donald Trump a explicitement déclaré que Cuba serait « le prochain » sur la liste, une fois la guerre américaine contre l’Iran terminée. « Cuba est au bout du chemin », a-t-il affirmé, promettant un changement imminent pour l’île.


