L’escalade militaire entre Israël et la République islamique d’Iran prend une nouvelle dimension sur le terrain. Alors que les échanges de tirs se poursuivent depuis plus de deux semaines, l’armée israélienne a modifié sa stratégie opérationnelle au cœur même de la capitale iranienne. L’objectif affiché n’est plus seulement de viser les infrastructures militaires classiques, mais d’atteindre directement les rouages du maintien de l’ordre intérieur.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, les frappes de drones israéliens ciblent désormais les points de contrôle et les barrages routiers tenus par la force paramilitaire du Bassidj à Téhéran et dans d’autres villes du pays. Ces postes, lourdement armés, avaient été multipliés suite aux manifestations nationales réprimées en janvier dernier.
Les médias affiliés au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), tels que l’agence Tasnim et Fars, ont confirmé la mort de plusieurs membres du Bassidj dans ces attaques. Des funérailles officielles ont été organisées pour Morteza Darbari, commandant d’une force locale dans le sud-est de la capitale, et Mohammad-Hossein Kouchaki, tué lors d’une frappe dans le nord-est de Téhéran, à proximité d’un important dépôt de carburant ciblé quelques jours plus tôt. Lors de ces cérémonies retransmises par les médias d’État, les familles et les combattants ont promis des représailles sévères contre toute forme de dissidence.
Pour mener à bien ces frappes de précision, les commandants israéliens s’appuieraient en partie sur des renseignements fournis par des citoyens iraniens. Des sources occidentales indiquent que des habitants filment les barrages routiers et transmettent ces images via les réseaux sociaux. Cette fuite d’informations intervient malgré une coupure quasi totale d’Internet imposée par les autorités depuis seize jours, privant plus de 90 millions d’Iraniens d’un accès libre au réseau mondial.
Face à cette situation, les autorités judiciaires et militaires iraniennes ont durci le ton. La justice a annoncé ce week-end que les avoirs de tout manifestant arrêté pour action contre l’État seraient confisqués afin de « compenser une partie des dommages subis » lors du conflit avec les États-Unis et Israël. Cette menace de saisie s’étend également aux Iraniens de la diaspora participant à des rassemblements anti-gouvernementaux, notamment ceux soutenant Reza Pahlavi, le fils de l’ancien chah, qui a récemment évoqué la préparation d’une période de transition.
Du côté israélien, l’armée justifie ces opérations en affirmant vouloir affaiblir l’appareil de sécurité intérieure iranien, accusé d’avoir réprimé les récentes manifestations avec une grande violence. Une position soutenue par le président américain Donald Trump. Intervenant sur Fox News Radio, ce dernier a estimé que le système iranien finirait par s’effondrer, tout en soulignant la difficulté pour des civils désarmés de faire face à des forces de sécurité équipées d’armes automatiques dans les rues.
Dans ce climat de tension prolongée, les perspectives de négociations sont rejetées par Téhéran. Les responsables iraniens se préparent à un conflit de plusieurs semaines. Parallèlement, un porte-parole des forces armées iraniennes a affirmé qu’un porte-avions américain, l’USS Abraham Lincoln, aurait été contraint de quitter la région après avoir subi de graves dommages, une déclaration visant à remettre en question la capacité de défense des forces américaines déployées au Moyen-Orient.


