L’offensive militaire contre l’Iran, entamée il y a près de trois semaines, vient de franchir un nouveau palier avec des frappes directes menées par les États-Unis. Les opérations se concentrent désormais sur des zones hautement stratégiques, entraînant des mouvements de troupes supplémentaires et une escalade des menaces autour des infrastructures énergétiques de la région.
Le président Donald Trump a annoncé que les forces américaines ont bombardé des installations militaires situées sur l’île iranienne de Kharg. L’agence de presse semi-officielle iranienne Fars a rapporté que plus de 15 explosions ont été entendues lors de ces attaques. Les frappes ont visé des systèmes de défense aérienne, une base navale et des installations aéroportuaires, sans toutefois toucher les infrastructures pétrolières de l’île.
L’île de Kharg est une zone névralgique par laquelle transitent plus de 90 % des exportations de pétrole de l’Iran. Donald Trump a précisé avoir choisi de ne pas détruire ces installations pétrolières dans l’immédiat. Il a cependant assorti cette décision d’un avertissement strict : si Téhéran tente d’entraver la libre circulation des navires dans le détroit d’Ormuz, cette position sera immédiatement reconsidérée.
En réponse, l’Iran a menacé de réduire en cendres les installations pétrolières liées aux États-Unis si ses propres infrastructures venaient à être ciblées. La chaîne Al Jazeera souligne qu’une telle riposte constituerait un scénario catastrophique pour l’ensemble de l’industrie pétrolière et gazière au Moyen-Orient. Depuis le début du conflit, les prix du pétrole brut ont déjà enregistré une hausse de plus de 40 %.
Sur le plan militaire, Washington prépare l’envoi de renforts. Un responsable américain a indiqué qu’environ 2 500 Marines supplémentaires, issus de la 31e unité expéditionnaire, ainsi que le navire d’assaut amphibie USS Tripoli, ont reçu l’ordre de se déployer dans la région. Selon les correspondants d’Al Jazeera à Washington, cet accroissement progressif du dispositif militaire indique que les États-Unis ne prévoient pas une fin rapide des hostilités, bien que ce déploiement n’annonce pas nécessairement une opération terrestre imminente.
Sur le terrain, le bilan s’alourdit. Le ministère iranien de la Santé fait état d’au moins 1 444 morts et 18 551 blessés à la suite des attaques israélo-américaines menées depuis le 28 février. Les frappes ont touché plusieurs grandes villes, dont la capitale Téhéran, Karaj, Ispahan et Tabriz. Face à cette situation, les responsables iraniens et le Corps des gardiens de la révolution islamique préparent des frappes de représailles, prévoyant d’utiliser leur arsenal le plus avancé, y compris des missiles Heidar, pour cibler les territoires israéliens et les bases américaines de la région.


