Lors de sa récente sortie médiatique, le Premier ministre Ousmane Sonko a dénoncé la mainmise d’intérêts étrangers et de complices nationaux sur les ressources naturelles du Sénégal. Cependant, une analyse publiée par le journal Le Quotidien met en lumière plusieurs données économiques et contractuelles qui offrent une perspective différente sur la gestion des hydrocarbures et des mines au cours de la dernière décennie.
Selon les éléments rapportés par Le Quotidien, le cadre juridique actuel, notamment les Codes minier et pétrolier mis en place sous la présidence de Macky Sall, permet à l’État sénégalais de capter près de 90 % des revenus générés, grâce à divers mécanismes fiscaux. La viabilité de ce dispositif a d’ailleurs été confortée par les données de l’ITIE, dont s’est récemment prévalu le ministre de l’Énergie et des Mines, Birame Soulèye Diop.
Sur le plan macroéconomique, les retombées de l’exploitation du bloc pétrolier de Sangomar par l’entreprise australienne Woodside ont commencé à inverser la balance commerciale du pays en faveur des exportations. Pour la seule année 2025, les projections de recettes tirées du pétrole oscillent entre 72,5 et 125 milliards de francs CFA.
Concernant les ressources gazières, le journal revient sur le cas spécifique du bloc Yaakaar Teranga. Si la Primature a affirmé que le Sénégal a récupéré ce gisement sans dépenser le moindre sou, Le Quotidien rappelle que le retrait de l’opérateur BP découle avant tout d’un désaccord prolongé sur le modèle économique. La compagnie britannique s’est retirée après avoir injecté plusieurs milliards de dollars dans ce projet, en plus de ses investissements dans le développement du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA).
Sur ce dernier point, le caractère frontalier de GTA impose une cogestion stricte des risques et des profits avec la Mauritanie. Cette configuration exclut toute démarche unilatérale du Sénégal dans la renégociation avec les investisseurs étrangers.
Enfin, le secteur des phosphates présente une trajectoire industrielle documentée. En 2014, les Industries Chimiques du Sénégal (ICS) frôlaient la faillite avec un chiffre d’affaires d’environ 150 milliards de francs CFA. L’arrivée du consortium indien Indorama a permis de redresser l’entreprise. En 2024, le chiffre d’affaires des ICS a atteint plus de 340 milliards de francs CFA, générant au passage 25 milliards de francs CFA de dividendes pour l’État sénégalais.


