Depuis le début de l’offensive militaire menée par les États-Unis et Israël, la direction iranienne fait l’objet d’une attention particulière de la part de Washington. Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi au Pentagone, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, s’est prononcé sur la situation personnelle de Mojtaba Khamenei, propulsé à la tête du pays après l’assassinat de son père.
Face aux journalistes, le chef du Pentagone a affirmé que le nouveau guide suprême iranien serait « blessé et probablement défiguré » à la suite des récentes frappes. Pour étayer son propos, Pete Hegseth s’est appuyé sur la forme de la dernière communication du dirigeant iranien. « Il a publié une déclaration hier […] mais il n’y avait ni voix, ni vidéo. C’était une déclaration écrite », a-t-il souligné.
Cette évaluation américaine n’a été accompagnée d’aucune preuve matérielle. Du côté de Téhéran, les autorités n’ont fourni aucun détail sur l’état de santé de Mojtaba Khamenei et n’ont pas réagi aux propos du secrétaire à la Défense. Jeudi, dans un texte lu à la télévision d’État, le guide suprême avait exigé la fermeture immédiate des bases américaines dans la région sous peine d’attaques, et promis de maintenir le blocage du détroit d’Ormuz.
Cette rhétorique s’inscrit dans un contexte d’escalade verbale et militaire. Plus tôt dans la semaine, Donald Trump avait publiquement désapprouvé la nomination de Mojtaba Khamenei, suggérant qu’il pourrait subir le même sort que son père, Ali Khamenei, tué le 28 février dernier. Sur le terrain, le bilan humain s’alourdit. Le ministère iranien de la Santé fait état d’au moins 1 444 morts et 18 551 blessés depuis le début de l’assaut. De son côté, Pete Hegseth a affirmé que plus de 15 000 cibles iraniennes ont été frappées en l’espace de quelques semaines, s’ajoutant aux précédentes opérations militaires américaines dans la région.
Selon Al Jazeera, qui cite Mohamad Elmasry, professeur au Doha Institute for Graduate Studies, ces déclarations martiales viseraient principalement le public américain. L’expert souligne que l’administration de Donald Trump tente de projeter une image de confiance face à une guerre impopulaire aux États-Unis, marquée par la hausse des prix du carburant et les pertes militaires américaines. En parallèle, le président iranien Masoud Pezeshkian est apparu publiquement vendredi lors d’une manifestation massive organisée à Téhéran.


