Au quatorzième jour des affrontements entre Israël, les États-Unis et l’Iran, la capitale iranienne a subi de nouvelles vagues de bombardements intensifs. Alors que les représailles de Téhéran s’étendent à plusieurs pays du Golfe, la nouvelle direction de la République islamique s’est exprimée pour la première fois, définissant le cadre de ses futures opérations militaires.
Succédant à son père récemment assassiné, le nouveau guide suprême de l’Iran, Mojtaba Khamenei, a fait sa première déclaration officielle. Selon la chaîne Al Jazeera, il a averti que les attaques contre Israël et les infrastructures militaires américaines au Moyen-Orient se poursuivront tant que les bases abritant les forces des États-Unis dans la région ne seront pas fermées. Sur le terrain, l’armée israélienne a mené vendredi matin une vaste offensive aérienne sur Téhéran, recouvrant la ville d’une épaisse fumée. Ces frappes ont notamment visé des points de contrôle de la force Bassidj. De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé viser l’arrêt des projets nucléaires souterrains iraniens, tout en évoquant la possibilité de créer les conditions d’un changement de régime.
Les répercussions de ce conflit bouleversent l’économie mondiale. L’Iran a pris le contrôle du détroit d’Ormuz, interdisant le passage aux navires liés aux États-Unis et à Israël, et soumettant les autres à une autorisation préalable. Cette fermeture d’une voie maritime cruciale a fait bondir le prix du baril de pétrole Brent au-delà des 100 dollars. Parallèlement, Téhéran a multiplié les tirs de drones et de missiles vers les pays du Golfe abritant des intérêts américains. Bahreïn a recensé l’interception de 114 missiles et 190 drones depuis fin février. Une dynamique similaire est observée en Arabie saoudite, qui a détruit plusieurs dizaines d’appareils, ainsi qu’aux Émirats arabes unis, où des frappes ont touché l’aéroport international de Dubaï. Le Qatar a également fermé son espace aérien, tout en démentant les affirmations israéliennes selon lesquelles il aurait suspendu sa production de gaz naturel liquéfié pour manipuler les prix, précisant qu’une attaque de drone iranien était à l’origine de cette interruption.
Le bilan humain de ces deux semaines d’escalade continue de s’alourdir. L’ambassadeur de l’Iran aux Nations Unies, Amir Saeid Iravani, a annoncé la mort d’au moins 1 348 civils iraniens. Au Liban, les bombardements israéliens ont fait 687 morts depuis lundi dernier, entraînant le déplacement de plus de 700 000 personnes. En Irak, les opérations portuaires ont été suspendues après la mort d’un membre d’équipage indien sur un pétrolier américain, et un drone a blessé six soldats français à Erbil.
À Washington, la gestion de la crise suscite des réactions contrastées. Alors que le président Donald Trump a déclaré que la guerre avançait « très rapidement », plus de 250 organisations américaines ont saisi le Congrès pour réclamer l’arrêt du financement du conflit, soulignant que 11,3 milliards de dollars ont déjà été dépensés au cours des six premiers jours des hostilités.


