C’était une promesse phare du « Projet » du tandem Diomaye-Sonko. Aujourd’hui elle est une réalité. La renégociation des contrats et conventions menée à bas bruit par la Commission nationale de réévaluation et de renégociation des contrats pétroliers, gaziers et miniers sous la supervision du Premier ministre vient de livrer ses résultats.
Face à la presse ce jeudi 12 mars 2026, le chef du gouvernement a passé en revue le travail « titanesque » abattu par la commission depuis sa création en août 2024, allant du secteur minier au secteur des hydrocarbures, en passant des secteurs de l’hydraulique, des télécoms, entre autres.
S’intéressant dans un premier temps au secteur minier, le Premier ministre a dévoilé les nombreux manquements relevés par la commission notamment relatifs à la convention liant l’État du Sénégal aux Industries chimiques du Sénégal (ICS).
En effet, après avoir examiné cette convention, parallèlement à une mission d’inspection de l’IGE, les constats, selon le PM, est que durant « tout le temps de ce contrat le Sénégal a été lésé gravement ».
Manque à gagner chiffrer à 1 075,9 milliards F CFA
À en croire le chef du gouvernement, « le manque à gagner a été chiffré à 1 075,9 milliards F CFA ». Plusieurs types d’infractions et de manquements ont été constatés, signale-t-il. « Nous pouvons relever entre autres : le non-paiement des taxes et redevances parce qu’il y a eu des exonérations fiscales qui ont été allouées à cette entreprise sur des bases légales inexistantes de la simple volonté d’un ministre », a souligné Ousmane Sonko, rappelant à ce propos qu’au Sénégal « l’exonération ne peut découler que de la loi et uniquement de la loi ».
Outre les avantages fiscaux indûment octroyés, le rapport de la commission dévoilé par le Pm relève également « des opérations qui ont privé l’État du Sénégal de sa participation dans ces sociétés ». « L’État du Sénégal était actionnaire et passé presque d’actionnaire principal à être totalement expulsé de l’actionnariat pour revenir se faire réattribuer une participation de 15 %. Ceci a généré également un manque à gagner qui a été chiffré », confie-t-il.
Des abandons de créance que rien ne justifie au profit de l’entreprise fustige le chef du gouvernement qui assure que toutes les conséquences seront tirées.
Reprise de tous les actifs
Des mesures conservatoires ont été prises par le gouvernement allant dans le sens de bloquer les comptes de l’entreprise et de l’obliger à payer ce qui est dû à l’État du Sénégal. Ceci, après une notification envoyée à l’entreprise pour qu’elle s’acquitte des redevances de plus de 200 milliards F CFA.
« Nous avons décidé de ne pas renouveler aussi bien la concession, les trois concessions minières que la convention d’établissement pour l’industrie », a déclaré le Premier ministre qui signale que la volonté de l’État est de « reprendre l’ensemble des actifs, de définir par nous-mêmes ce que nous voulons de nos phosphates et c’est déjà fait ».
« Nos phosphates doivent servir d’abord au Sénégal et au Sénégalais, à son agriculture, mais également dans des projections beaucoup plus ambitieuses à les tous les usages, possiblement pouvoir aller jusqu’à la production de batteries LFP », confie Ousmane Sonko signalant que les options c’est d’aller vers des engrais sur mesure d’abord pour la consommation nationale avant de matérialiser l’ambition de l’État d’être leader du marché sous-régional.
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