Le mouvement And Samm Jikko Yi a exprimé sa satisfaction après l’adoption par l’Assemblée nationale du projet de loi durcissant les peines liées aux actes contre nature. En conférence de presse ce jeudi 12 mars 2026, au lendemain du vote, son vice-coordonnateur Adama Mboup a salué « une grande réussite » après près d’une décennie de mobilisation. En effet, selon lui, cette adoption marque l’aboutissement d’un combat mené pendant plusieurs années par l’organisation et ses alliés. « C’est un combat qui a duré presque une dizaine d’années et pour lequel nous avons à maintes reprises sollicité les autorités gouvernementales », a-t-il rappelé.
Par ailleurs, M. Mboup estime que le texte voté reprend largement une proposition de loi que son organisation avait déjà portée sous l’ancien régime. « C’est cette même proposition de loi que nous avions présentée sous les conseils de juristes et de constitutionnalistes comme le professeur Ndiack Fall », a-t-il expliqué. Toutefois, selon lui, le projet adopté va plus loin sur certains aspects. Il cite notamment le renforcement des sanctions financières. « Nous avions sollicité dans notre proposition de loi une amende de 1 à 5 millions de francs CFA. Aujourd’hui ce projet de loi parle de 2 à 10 millions de francs d’amende », a-t-il précisé. Ceci, en plus de la prise en compte de situations impliquant des mineurs. « Si l’acte contre nature est commis avec un mineur, le maximum de la peine, c’est-à-dire 10 ans, sera appliqué », a indiqué le vice-coordonnateur du mouvement.
Des sanctions élargies
Le texte prévoit également des mesures complémentaires visant les personnes reconnues coupables. « Les personnes déclarées coupables des infractions prévues sont privées des droits énumérés à l’article 34 pour une période de dix ans. C’est-à-dire qu’elles ne sont plus éligibles aux municipales, aux législatives ou à la présidentielle », a détaillé Adama Mboup. Le projet de loi renforce aussi la répression de l’apologie de l’homosexualité. Là où la proposition initiale évoquait des peines de trois à cinq ans d’emprisonnement, la nouvelle disposition prévoit désormais « trois à sept ans ».
Un choix du « durcissement » plutôt que de la criminalisation
‘’And Samm Jikko Yi’’ insiste sur la logique de « durcissement des peines » plutôt que de criminalisation. « Les propositions de loi introduites lors du règne de Macky Sall concernaient le durcissement des peines et non la criminalisation », a affirmé Adama Mboup, estimant que cette option permettrait de juger les faits plus rapidement en cas de flagrant délit.
Concernant la dénonciation abusive faite de mauvaise foi contre de supposés homosexuels, le mouvement dit approuver la disposition destinée à prévenir toute dérive, rappelant que la notion de diffamation est déjà prévue par le Code pénal.
Pour rappel, l’Assemblée nationale a voté, hier mercredi, une loi doublant les peines réprimant les actes contre nature. Celles-ci sont désormais punies de cinq à dix ans de prison, dans un contexte marqué par une d’arrestations à travers le pays pour notamment actes contre nature présumés.
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