La participation de l’équipe féminine de football d’Iran à la Coupe d’Asie 2026 en Australie s’est achevée dans un climat de haute tension. Alors que le pays traverse une crise militaire majeure marquée par des frappes israélo-américaines, la fin du tournoi a été bouleversée par l’intervention directe des autorités australiennes auprès d’une partie de la délégation iranienne.
Le contexte géopolitique s’est invité dès l’ouverture de la compétition le 1er mars, au lendemain d’attaques des États-Unis et d’Israël ayant coûté la vie au Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, ainsi qu’à de nombreux responsables. Lors de leur premier match contre la Corée du Sud, les joueuses iraniennes sont restées silencieuses pendant l’hymne national. Cette attitude a provoqué une vive réaction à Téhéran. Sur la chaîne d’État IRIB, le présentateur Mohammad Reza Shahbaz a qualifié les athlètes de « traîtresses », réclamant des sanctions sévères pour ce qu’il a décrit comme un manque de patriotisme en temps de guerre. Lors des rencontres suivantes contre l’Australie et les Philippines, l’équipe a finalement chanté et salué l’hymne.
Face à ces pressions, plusieurs membres de l’équipe ont sollicité une protection internationale. Selon les informations d’Al Jazeera, le ministre australien de l’Intérieur, Tony Burke, a confirmé que cinq joueuses et un membre du personnel d’encadrement ont obtenu des visas humanitaires, leur garantissant l’asile en Australie.
L’opération s’est déroulée sous la supervision stricte de la police fédérale australienne. Les requérantes ont été exfiltrées de leur hôtel, qui était sous la surveillance d’officiels iraniens, puis conduites dans un lieu sûr. Elles y ont été entendues individuellement, à l’abri de toute pression de leur délégation, avant que les documents d’immigration ne soient finalisés au milieu de la nuit. Une joueuse, Mohadese Zolfigol, a toutefois renoncé à sa demande à la dernière minute sur les conseils de ses coéquipières et de l’ambassade d’Iran, choisissant de rentrer au pays.
Le reste de la sélection, composé de 21 joueuses et de l’entraîneuse Marziyeh Jafari, a quitté Sydney. En raison de la fermeture de l’espace aérien iranien liée aux récents affrontements, la délégation se trouve actuellement en transit en Malaisie.
Beau Bush, président de la branche Asie-Océanie du syndicat mondial des joueurs (FIFPRO), a souligné que la sécurité des athlètes sur le chemin du retour constitue une priorité absolue. Bien que le ministère iranien des Affaires étrangères et le bureau du procureur général aient assuré que les joueuses seraient accueillies « à bras ouverts », les organisations de défense des droits humains et la FIFPRO exigent des garanties concrètes, rappelant l’historique des sanctions contre les voix dissidentes en Iran. En Australie, des clubs locaux ont déjà proposé d’accueillir les joueuses exilées pour qu’elles puissent poursuivre leurs entraînements.


