À l’occasion de la Journée mondiale du rein, la prise en charge des pathologies rénales chez les enfants au Sénégal est mise en lumière. Alors que les besoins de soins spécialisés s’accroissent, les capacités d’accueil et de traitement sur le territoire national font face à des limites structurelles importantes, particulièrement en dehors de la capitale.
Selon les informations rapportées par l’Agence de presse sénégalaise (APS) et relayées par Sud Quotidien, le Sénégal fait face à un déficit critique de médecins qualifiés dans ce domaine précis. Le professeur Younoussa Keita, chef de l’unité de néphrologie pédiatrique à l’hôpital Abass Ndao de Dakar — l’unique centre dédié du pays —, a précisé que seuls trois néphrologues pédiatres sont actuellement en activité pour couvrir l’ensemble du territoire national. Pour pallier cette insuffisance, deux jeunes spécialistes sont en cours de formation, ce qui devrait à terme renforcer les capacités de prise en charge.
Les facteurs favorisant ces pathologies chez les plus jeunes sont multiples et majoritairement identifiés. Le spécialiste cite notamment les infections à streptocoques, le paludisme (lié aux infections à plasmodium), ainsi que les surinfections de la gale favorisées par la promiscuité. À ces causes s’ajoutent la déshydratation et les épisodes diarrhéiques souvent causés par une hygiène des mains insuffisante. Le mode de vie est également en cause : une consommation excessive de sel et de sucre, entraînant surpoids et obésité, accroît les risques. D’autres facteurs comme les malformations congénitales, la prématurité, le faible poids à la naissance ou les infections urinaires fréquentes en milieu scolaire sont aussi répertoriés.
Le diagnostic tardif constitue un obstacle majeur, entraînant des complications qui engagent le pronostic vital et fonctionnel des jeunes patients. Le Pr Keita recommande le recours à des gestes simples et peu coûteux pour un dépistage précoce, tels que la prise de la tension artérielle, l’utilisation de bandelettes urinaires ou le dosage de la créatininémie lors des consultations prénatales et pédiatriques.
La situation devient particulièrement complexe pour les enfants nécessitant une dialyse chronique. Le praticien souligne qu’à ce jour, aucun enfant malade n’a pu bénéficier d’une greffe rénale au Sénégal, malgré les besoins urgents et les initiatives portées par l’hôpital militaire de Ouakam et l’hôpital Abass Ndao pour développer cette intervention chirurgicale vitale.


