La procédure d’extradition visant le fondateur du Groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, franchit une nouvelle étape en France. L’avis rendu par la juridiction française compétente a entraîné une réplique immédiate de ses conseils, ouvrant une nouvelle phase dans ce dossier judiciaire.
Selon les informations publiées par le journal Le Quotidien, la Chambre de l’instruction de Versailles a émis, le 4 mars dernier, un avis qualifié de « partiel » concernant la demande d’extradition formulée par les autorités sénégalaises. Les magistrats français ont notamment acté que certains des faits visés par la procédure étaient prescrits. En amont de cet avis, la juridiction avait exigé un complément d’information portant sur cinq points précis, ciblant en particulier la matérialité des faits reprochés et leur qualification juridique.
Pour la défense, cette décision met en évidence les lacunes de la requête initiale. Lors d’un entretien accordé au Quotidien, Me François Brengarth, avocat de Madiambal Diagne, a rappelé que son client, laissé en liberté, n’a fait l’objet d’aucun placement sous écrou durant la procédure. Jugeant l’arrêt « bancal », l’avocat estime que les réserves formulées par les juges, combinées à la question de la prescription, auraient dû conduire à un avis entièrement défavorable.
Face à cette décision partielle, les avocats de Madiambal Diagne ont immédiatement formé un pourvoi en cassation. L’objectif de cette manœuvre est d’obtenir l’annulation de l’arrêt de la Chambre de l’instruction de Versailles par la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire français. Me Brengarth justifie cette saisine par l’imprécision persistante des accusations, le manque de garanties procédurales et ce qu’il qualifie de caractère politique de la mesure. Pour étayer ce dernier point, la défense pointe les récentes déclarations des autorités sénégalaises menaçant de suspendre les extraditions vers la France, ainsi que les interpellations de journalistes au Sénégal.
La suite de la procédure dépendra désormais de l’arrêt de la Cour de cassation. Si cette dernière venait à rejeter le pourvoi, la validation finale de l’extradition relèverait du pouvoir exécutif français, qui devrait alors prendre un décret. Dans une telle éventualité, la défense a d’ores et déjà annoncé qu’elle contesterait la mesure devant le Conseil d’État par le biais d’un recours pour excès de pouvoir.


