Le député Thierno Alassane Sall a annoncé qu’il ne voterait pas le projet de loi portant réforme de l’article 319 du Code pénal. Lors de son intervention, ce mercredi, à l’Assemblée nationale, dans le cadre de l’examen du texte en séance plénière, il a vivement critiqué la majorité parlementaire qu’il accuse d’incohérence entre ses promesses et ses actions.
Selon lui, les dirigeants actuellement au pouvoir avaient longtemps promis la criminalisation de l’homosexualité ainsi que la fin du franc CFA, sans aujourd’hui assumer pleinement ces engagements. « Vous nous avez vendu des concepts, mais vous manquez de courage », a-t-il lancé à l’endroit du gouvernement et de la majorité.
Le « crash » du populisme face au pouvoir
Pour Thierno Alassane Sall, la réforme proposée se limite à modifier un article déjà existant, alors que les responsables actuellement au pouvoir accusaient auparavant les régimes précédents de promouvoir l’homosexualité. À ses yeux, cette situation illustre un décalage entre les positions adoptées lorsqu’ils étaient dans l’opposition et celles prises aujourd’hui dans l’exercice du pouvoir.
« Le meilleur ennemi du populisme, c’est l’exercice du pouvoir », a-t-il déclaré, dénonçant ce qu’il considère comme une loi « d’hypocrisie » et « une tromperie ». Le parlementaire estime que la réforme relève davantage d’une approche cosmétique que d’une modification structurelle du dispositif législatif.
Le rappel de la visite de Jean-Luc Mélenchon
Au cours de son intervention, le député a également évoqué la visite au Sénégal de Jean‑Luc Mélenchon, se disant surpris de voir certains responsables applaudir lorsque le Premier ministre Ousmane Sonko affirmait que l’homosexualité était « tolérée » dans la société sénégalaise.
Au terme de son intervention, Thierno Alassane Sall a réaffirmé sa position, indiquant qu’il refuse de voter un texte qu’il juge insuffisant et en contradiction avec les promesses formulées durant la campagne électorale.


