La Commission européenne entend redéfinir son paysage énergétique pour la prochaine décennie. Lors du Sommet mondial sur l’énergie nucléaire organisé à Paris, une nouvelle feuille de route a été présentée pour réduire la dépendance du continent aux énergies fossiles importées et stabiliser sa production électrique.
Selon l’agence Anadolu, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dévoilé mardi une stratégie axée sur le développement des petits réacteurs modulaires (PRM). L’objectif affiché par Bruxelles est de rendre cette technologie opérationnelle à l’échelle européenne dès le début des années 2030.
Pour concrétiser cette ambition, une garantie de 200 millions d’euros va être mise en place afin de soutenir l’investissement privé dans ces installations innovantes. Ce mécanisme financier sera alimenté par les revenus générés par le système européen d’échange de quotas d’émission (EU ETS). Il a pour but de réduire les risques pour les investisseurs et d’encourager l’afflux de capitaux dans le secteur nucléaire.
Ursula von der Leyen a appelé les États membres de l’Union européenne à renforcer leur coopération pour harmoniser les cadres réglementaires et accélérer les procédures d’autorisation. La dirigeante estime que cette technologie de nouvelle génération possède le potentiel pour devenir un secteur d’exportation à forte valeur ajoutée.
Ce positionnement s’appuie sur une analyse des limites actuelles des énergies renouvelables. Si ces dernières fournissent une électricité à bas coût, leur production reste tributaire des conditions météorologiques et nécessite des infrastructures de stockage massives. À l’inverse, le nucléaire offre l’avantage de fournir de l’électricité en continu, 24 heures sur 24.
Toujours d’après Anadolu, la présidente de la Commission a dressé un constat critique sur les choix énergétiques passés de la région. Alors qu’en 1990, l’Europe produisait environ un tiers de son électricité à partir du nucléaire, cette part a chuté à environ 15 % aujourd’hui. Elle a qualifié cet éloignement d’« erreur stratégique », rappelant que l’Europe, qui ne produit ni pétrole ni gaz, subit une vulnérabilité structurelle face à la volatilité des importations de combustibles fossiles, une fragilité particulièrement mise en lumière par les tensions actuelles au Moyen-Orient.

