La succession à la tête de l’État iranien s’invite dans le discours politique américain. Alors que le Moyen-Orient traverse une phase d’escalade militaire majeure, le président Donald Trump a formulé des exigences précises concernant le choix du prochain dirigeant de Téhéran, suscitant une levée de boucliers immédiate des autorités iraniennes.
Lors d’une interview accordée à la chaîne ABC News, dont les propos ont été rapportés par l’agence Anadolu, Donald Trump a déclaré que le futur guide suprême d’Iran devra obtenir l’aval des États-Unis. Sans cette approbation de Washington, le nouveau dirigeant « ne resterait pas longtemps » au pouvoir, a averti le président américain.
Cette exigence s’inscrit, selon lui, dans une volonté d’éviter de futurs conflits. L’objectif avancé est de ne pas contraindre les États-Unis à de nouvelles interventions militaires dans les années à venir, ni de permettre à Téhéran de se doter de l’arme nucléaire. Plus tôt, lors d’un échange avec le média Axios, Donald Trump avait anticipé une implication personnelle dans ce processus de succession, qualifiant Mojtaba Khamenei, fils du défunt guide suprême et favori présumé, de « poids léger ».
Du côté de Téhéran, ces déclarations ont été fermement repoussées. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a souligné ce dimanche que la désignation du prochain dirigeant relevait « uniquement du peuple iranien », balayant toute idée d’ingérence étrangère.
Sur le plan institutionnel interne, le processus de transition a déjà franchi une étape décisive. Le haut dignitaire religieux Ahmad Alamolhoda a fait savoir que l’Assemblée des experts a d’ores et déjà procédé au vote pour désigner le successeur de l’ayatollah Ali Khamenei, bien que l’identité de l’élu soit pour l’instant maintenue secrète.
Ces passes d’armes diplomatiques interviennent dans un climat de guerre ouverte. Depuis plus d’une semaine, une opération militaire conjointe menée par les États-Unis et Israël frappe l’Iran, affichant un bilan estimé à plus de 1 200 morts au neuvième jour de l’offensive. En réponse, les forces iraniennes ont déployé des attaques par drones et missiles en direction d’Israël et de plusieurs pays du Golfe abritant des bases militaires américaines.

