La région du Proche-Orient traverse une période de turbulences majeures, marquée par l’intensification de la guerre à Gaza et son extension progressive vers la Cisjordanie occupée. Dans ce climat de haute tension, un collectif d’experts des droits humains des Nations Unies s’est penché sur les dynamiques à l’œuvre dans la Ville sainte, publiant vendredi un constat particulièrement alarmant sur les transformations en cours.
Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, ces experts et rapporteurs spéciaux de l’ONU affirment qu’Israël inflige actuellement un « préjudice irréparable » à Jérusalem. Le communiqué souligne que, sous couvert du conflit actuel, les autorités israéliennes accélèrent des mesures visant à modifier en profondeur la composition démographique, le caractère religieux et le statut légal de la ville. Les signataires qualifient ces actions de « projet systématique de réingénierie démographique et de domination », dont le but serait d’asseoir un contrôle juif exclusif sur la zone.
Pour appuyer leur propos, les experts de l’ONU rejettent l’argument des nécessités sécuritaires et mettent en avant un bilan chiffré précis. Entre 2021 et 2025, 144 Palestiniens ont été tués dans le gouvernorat de Jérusalem et 11 555 autres ont fait l’objet d’une arrestation. Notre rédaction note également que 2 386 ordres de déportation ont été émis, accompagnés de plus de 1 732 démolitions de structures et nivellements de terrains. Ces déplacements forcés s’ajoutent à la multiplication des postes de contrôle qui isolent les communautés palestiniennes de Jérusalem-Est.
La dimension religieuse et patrimoniale est également au cœur des préoccupations soulevées. Les restrictions d’accès aux lieux saints se sont durcies, tandis que 73 871 incursions de colons dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa ont été recensées pour la seule année 2025. Ces actes, préviennent les auteurs du rapport, détruisent le tissu pluraliste séculaire de la ville et pourraient constituer des crimes de guerre au regard du droit international humanitaire.
Rappelant le récent avis consultatif de la Cour internationale de Justice sur l’illégalité de l’occupation des territoires palestiniens, les experts exigent une action internationale immédiate. Ils appellent les États à refuser toute reconnaissance ou assistance à cette occupation, concluant que face à l’effacement du patrimoine et des droits à Jérusalem, « l’inaction n’est pas la neutralité ; c’est la complicité ».

