Depuis samedi matin, l’Iran subit une vague ininterrompue de bombardements américains et israéliens qui a déjà fait plus de 1 000 morts. Si les habitants de Téhéran tentent de maintenir un semblant de normalité au milieu des explosions quotidiennes, le pays se retrouve aujourd’hui presque totalement coupé du monde. Cette rupture drastique des communications masque un tournant majeur dans le conflit, survenu en plein cœur de la capitale.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, la connectivité internet a chuté à moins de 1 % de sa capacité normale quelques minutes seulement après un raid aérien décisif sur le centre-ville de Téhéran. Ces frappes ont entraîné la mort du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, ainsi que celle de plusieurs membres de sa famille et de hauts commandants militaires. Depuis cette offensive majeure, les autorités iraniennes bloquent l’accès au réseau mondial pour le sixième jour consécutif.
Dans ce climat de guerre ouverte, l’espace numérique est strictement contrôlé. Les citoyens sont confinés à un intranet d’État qui diffuse principalement les communiqués officiels et les annonces du Corps des gardiens de la révolution islamique. Le groupe de surveillance NetBlocks souligne la mise en place d’un environnement répressif : les opérateurs de télécommunications menacent de poursuites judiciaires les utilisateurs tentant de se connecter via des VPN. La justice a également ordonné la fermeture des espaces de commentaires sur des sites locaux populaires, à l’image de la plateforme technologique Zoomit, après l’apparition de critiques visant les autorités.
Sur le terrain, les 10 millions d’habitants de la capitale font face à une situation économique critique, aggravée par le conflit. Les données du Centre statistique d’Iran (SCI) publiées peu avant le début des hostilités faisaient déjà état d’une inflation alimentaire vertigineuse de 105 %. Les prix des produits de première nécessité explosent : 207 % de hausse pour l’huile de cuisson, 142 % pour le pain et 117 % pour la viande rouge. La monnaie nationale s’est effondrée, s’échangeant à environ 1,66 million de rials pour un dollar américain.
Le secteur de la santé est particulièrement touché. Notre rédaction note une pénurie croissante de médicaments étrangers et d’antidépresseurs dans les pharmacies de Téhéran et d’autres grandes villes. Le gouvernement tente de pallier la crise en élargissant son système de subventions en espèces pour inclure des produits de base comme les couches pour bébés, dont le prix a doublé ces derniers mois, tandis que les responsables politiques appellent la population à signaler toute activité suspecte aux services de sécurité.


