Le mois de février a laissé des traces financières dans le secteur de l’éducation. Des enseignants ayant participé à des mouvements de débrayage et de grève totale ont constaté des retenues sur leurs salaires, atteignant pour certains la somme de 200 000 FCFA selon leur degré d’implication. Face à la levée de boucliers des syndicats, le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public a tenu à clarifier la position du gouvernement.
Les organisations syndicales n’ont pas tardé à réagir à ces coupes salariales, qualifiant la démarche de « banditisme d’État » et dénonçant des « ponctions illégales ». C’est dans ce climat de tension qu’Olivier Boucal a pris la parole. Selon les informations relayées par Emedia, s’appuyant sur un entretien accordé au quotidien L’Observateur, le ministre a reconnu l’effectivité de ces retenues tout en assumant pleinement la mesure.
Pour répondre aux accusations d’abus de pouvoir formulées par une partie des grévistes, Olivier Boucal s’est appuyé sur le principe liant la rémunération au service effectué. « Lorsque la prestation de travail n’a pas été assurée sur une période donnée, on ne peut valablement pas parler de paiement de salaire, encore moins de ponction », a-t-il précisé. Il a rappelé que si le droit de grève demeure un droit fondamental des travailleurs, cet arrêt de travail entraîne mécaniquement la suspension du salaire correspondant.
Le ministre a également abordé le cas spécifique des agents ayant subi des retenues sans avoir pris part au mouvement d’humeur. Il a indiqué que l’État prendra les dispositions nécessaires pour rétablir dans leurs droits les enseignants en mesure de prouver qu’ils n’ont observé aucun arrêt de travail durant la période ciblée.
Tout en affirmant que le gouvernement n’est pas fermé au dialogue, Olivier Boucal a mis en garde contre la surenchère, soulignant que la satisfaction des revendications nécessite un effort réciproque pour aboutir à des consensus durables. Cette mise au point intervient alors que les enseignants multiplient les revendications depuis plusieurs mois, exigeant notamment la réparation d’injustices liées à leurs carrières et retraites, ainsi que la simplification des procédures administratives. En réponse aux récentes retenues salariales, des leaders syndicaux ont d’ores et déjà menacé de paralyser et d’hypothéquer les activités pédagogiques.


