La France a récemment adopté son budget pour l’année 2026. Au sein de ce cadre financier, une disposition spécifique modifiant l’accès aux droits sociaux pour une partie de la communauté estudiantine internationale suscite une vive opposition de la part de plusieurs organisations syndicales et associatives.
Inscrite à l’article 67 de la loi de finances pour 2026, adoptée le 2 février dernier, la mesure prévoit l’exclusion des étudiants étrangers extracommunautaires du bénéfice de l’Aide personnalisée au logement (APL). Seuls les étudiants percevant une bourse sur critères sociaux pourront continuer à y prétendre. Les étudiants originaires de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou de Suisse conservent quant à eux leur éligibilité. Le gouvernement français a justifié cette réforme par la nécessité de « mieux cibler les aides publiques » face aux contraintes budgétaires actuelles.
Cette décision a entraîné la publication d’un communiqué commun le 16 février, signé par des entités telles qu’Attac, la CGT, l’Unef et SOS Racisme. Les signataires dénoncent une « rupture d’égalité » fondée sur la nationalité et qualifient la mesure de « xénophobe, dangereuse et absurde », accusant l’exécutif d’entretenir un climat de stigmatisation.
L’impact de cette exclusion s’annonce direct sur les conditions de vie. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, l’APL représente en moyenne une enveloppe de 200 euros mensuels dans le budget d’un étudiant. Les organisations rappellent que les boursiers ne constituent qu’environ 2 % des quelque 320 000 étudiants extracommunautaires inscrits dans l’enseignement supérieur français. Elles s’appuient également sur les données de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE), indiquant que 62 % des étudiants internationaux déclarent avoir déjà eu besoin d’une aide alimentaire.
Au-delà de la précarité, aggravée par des frais d’inscription différenciés depuis le plan « Bienvenue en France » de 2019 (pouvant atteindre 4 000 euros en master), les associations mettent en avant l’apport global de cette population. Elles estiment que la participation des étudiants étrangers à l’activité économique française dépasse largement le coût public de leur accueil, tout en soulignant leur rôle essentiel dans la recherche et le rayonnement des universités. Les signataires réclament le maintien d’un accès inconditionnel aux droits sociaux, considérant que l’enseignement supérieur relève du droit fondamental à l’éducation.

