Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a exposé les ambitions territoriales et politiques du prochain gouvernement concernant les territoires palestiniens. Lors d’une intervention publique, il a dessiné les contours d’une stratégie visant à modifier en profondeur le statut de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, allant jusqu’à la remise en cause des traités historiques.
S’exprimant mardi soir lors d’une conférence organisée par des colons en Cisjordanie, le chef du parti d’extrême droite Sionisme religieux a affirmé que l’exécutif à venir cherchera à « encourager l’émigration des Palestiniens » de ces deux zones. Cette démarche a été présentée par le ministre comme une « solution à long terme au conflit ». Au-delà de ces déplacements de populations, Bezalel Smotrich a affiché sa volonté d’annuler purement et simplement les Accords d’Oslo, conclus avec l’Autorité palestinienne, dans le but d’imposer la souveraineté israélienne sur la Cisjordanie.
Pour concrétiser ce démantèlement de l’Autorité palestinienne et désarmer la Cisjordanie, le ministre a identifié un calendrier précis. Il a ainsi qualifié la fin du mandat du président américain Donald Trump de « fenêtre d’opportunité » pour opérer ces changements majeurs. Sur le plan intérieur, il a fustigé la gauche israélienne, l’accusant de vouloir maintenir un « État profond », et a plaidé pour une extension de la politique d’implantation vers le Néguev, dans le sud, et la Galilée, au nord.
Comme le souligne l’agence Anadolu, ces déclarations s’inscrivent dans un contexte de violences continues. Depuis le déclenchement du conflit à Gaza en octobre 2023, les opérations militaires et les actions des colons se sont intensifiées en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est, se traduisant par des démolitions et des déplacements forcés. Le contexte politique global reste par ailleurs marqué par le mandat d’arrêt émis en 2024 par la Cour pénale internationale contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
La communauté internationale et les Nations unies ne reconnaissent pas l’occupation israélienne de la Cisjordanie débutée en 1967, et considèrent les colonies comme illégales au regard du droit international. À ce jour, 160 des 193 États membres de l’ONU reconnaissent l’État de Palestine, bien que son adhésion pleine et entière aux Nations unies demeure bloquée par le veto des États-Unis.

