C’est un vote sur le fil du rasoir, aux conséquences potentiellement majeures, qui a de nouveau agité l’hémicycle ce jeudi. Dans le cadre de l’examen de la proposition de loi sur l’aide à mourir, les députés ont approuvé par 71 voix contre 70 une disposition qui change radicalement la philosophie du texte.
Portée par des amendements de la gauche, cette modification cruciale offre désormais au patient le libre choix entre l’auto-administration d’une substance létale (suicide assisté) et son administration par un médecin ou un infirmier (euthanasie). Une décision qui renverse la logique initiale du projet de loi d’Olivier Falorni (MoDem), qui faisait du suicide assisté la règle et de l’euthanasie l’exception pour les personnes physiquement incapables.
Cependant, un coup de théâtre est venu jeter le trouble sur ce scrutin serré. Deux députés ont affirmé avoir voté en faveur des amendements par erreur. Saisissant l’opportunité, le président de la commission des Affaires sociales, Frédéric Valletoux (Horizons), a immédiatement demandé une seconde délibération. Le gouvernement ainsi que l’auteur du texte, tous deux défavorables à cette modification, voient ainsi s’ouvrir une possibilité d’inverser la tendance.
Ce nouvel examen, prévu mardi prochain, s’annonce décisif et pourrait bien redéfinir les contours de la loi. L’épisode illustre les vives tensions qui animent les débats, l’opposition, à l’image du député RN Hervé de Lépineau, dénonçant une « approche jusqu’au-boutiste » de la majorité. Dans un souci d’équilibre et pour assurer l’avancée du projet, le groupe socialiste a par ailleurs indiqué avoir renoncé à certaines de ses revendications, notamment sur la question des mineurs.


