La tension diplomatique monte d’un cran entre Moscou et Washington autour du dossier cubain. Alors que le président russe recevait son homologue cubain au Kremlin, les discussions ont rapidement dépassé le cadre des relations bilatérales pour se concentrer sur la pression croissante exercée par les États-Unis sur l’île. Au-delà des sanctions économiques, c’est l’évocation d’une option militaire maritime par l’administration américaine qui suscite la vive réaction de la Russie.
Vladimir Poutine n’a pas mâché ses mots lors de sa rencontre avec le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez. Selon les informations rapportées par Al Jazeera et l’agence TASS, le chef du Kremlin a qualifié les nouvelles restrictions imposées par les États-Unis d’« inacceptables ». « C’est une période spéciale, avec de nouvelles sanctions. Vous savez ce que nous ressentons à ce sujet. Nous n’acceptons rien de tel », a déclaré le président russe, marquant son soutien indéfectible à La Havane.
Cependant, l’inquiétude de Moscou ne se limite pas aux tarifs douaniers. Lors d’un échange séparé, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a lancé un avertissement explicite à Washington concernant une menace bien plus directe : l’imposition d’un blocus naval complet de l’île. Le ministre a exhorté les États-Unis à faire preuve de « bon sens » et à renoncer à ce projet, plaidant pour la voie diplomatique plutôt que pour l’asphyxie militaire.
Cette escalade verbale intervient dans un contexte économique critique pour Cuba. L’île de 11 millions d’habitants fait face à des pénuries de carburant majeures. Cette situation résulte directement du décret signé le 29 janvier par le président américain Donald Trump, autorisant des tarifs douaniers sur les importations de pétrole vers Cuba en provenance de pays tiers. Les conséquences ont été immédiates : le Venezuela, fournisseur historique, a cessé ses livraisons après l’arrestation de l’ex-président Nicolas Maduro, tandis que le Mexique a également coupé les ponts sous la menace de représailles commerciales américaines.
Du côté de la Maison-Blanche, la rhétorique reste offensive. Karoline Leavitt, porte-parole de la présidence, a estimé mercredi qu’il était dans l’intérêt de Cuba d’opérer des « changements dramatiques très bientôt », qualifiant le pouvoir en place de « régime en chute libre ». Une lecture rejetée par Moscou, qui, par la voix du porte-parole du Kremlin Dmitry Peskov, assure que l’aide russe se poursuivra « durant ces temps difficiles », indépendamment des relations entre la Russie et les États-Unis.


