Alors que la situation au Proche-Orient demeure explosive, le Conseil de sécurité des Nations unies a procédé à un ajustement logistique inhabituel à New York. Initialement programmée pour jeudi, la session consacrée à la question israélo-palestinienne a été avancée à ce mercredi après-midi. Ce changement d’horaire, loin d’être anodin, répond à une contrainte diplomatique majeure imposée par l’agenda de Washington.
**Un calendrier bousculé par le « Board of Peace »**
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, ce glissement de date vise à éviter un chevauchement direct avec la réunion inaugurale du « Board of Peace » (Conseil de la Paix) de Donald Trump, prévue jeudi dans la capitale fédérale américaine. L’objectif est pragmatique : permettre aux diplomates de haut rang, notamment les ministres des Affaires étrangères du Royaume-Uni, d’Israël, de la Jordanie, de l’Égypte et de l’Indonésie, d’assister aux deux événements sans conflit d’agenda.
Ce télescopage illustre les agendas potentiellement conflictuels entre l’organe le plus puissant de l’ONU et la nouvelle structure mise en place par le président américain. Donald Trump, qui s’est autoproclamé président indéfini de ce conseil, ambitionne d’étendre son influence « bien au-delà de Gaza ». Une posture qui alimente, dans les couloirs onusiens, la crainte d’une tentative de marginalisation de l’ONU au profit d’un agenda unilatéral.
**Tensions autour de l’annexion en Cisjordanie**
La réunion de l’ONU se concentrera sur le « cessez-le-feu » à Gaza, mais surtout sur les récentes manœuvres israéliennes en Cisjordanie occupée. Ce rendez-vous intervient au lendemain d’une déclaration massive lue par l’ambassadeur palestinien Riyad Mansour, soutenu par près de 80 pays, condamnant les dernières mesures d’annexion.
Le 8 février, le cabinet de sécurité israélien a validé des dispositions facilitant la saisie de terres palestiniennes et l’achat direct de propriétés en Cisjordanie par des Israéliens. Le ministre israélien de l’Énergie, Eli Cohen, a qualifié ces mesures de « souveraineté de facto » visant à bloquer la création d’un État palestinien, tandis que le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a évoqué l’encouragement à l’« émigration » palestinienne.
Sur le terrain, ces décisions législatives se traduisent par une recrudescence des violences. Mercredi, quatre Palestiniens ont été blessés, dont deux par balles réelles, lors d’une attaque de colons à Mukhmas, près de Jérusalem-Est.
**Promesses financières et troupes indonésiennes**
Si l’ONU peine à imposer sa feuille de route, l’initiative américaine tente de séduire par des promesses économiques. Donald Trump a affirmé cette semaine que les membres de son « Board of Peace » s’étaient engagés à verser 5 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza. Le plan prévoit également le déploiement de milliers de membres du personnel pour la stabilisation internationale.
À ce titre, l’armée indonésienne a indiqué que jusqu’à 8 000 de ses soldats devraient être prêts d’ici la fin juin pour un éventuel déploiement à Gaza, dans le cadre d’une mission humanitaire et de maintien de la paix. Reste à voir comment cette force s’articulera avec les exigences de désarmement du Hamas et le retrait des forces israéliennes, points d’achoppement majeurs des négociations actuelles.


