Les espoirs d’une résolution rapide du conflit s’éloignent un peu plus à Genève. Alors que le quatrième anniversaire de l’invasion russe approche, les négociations menées sous l’égide des États-Unis se sont terminées mercredi, avant même l’horaire prévu, sans parvenir à briser le statu quo.
C’est une séquence diplomatique qui illustre la complexité du dossier ukrainien face aux ambitions affichées par la nouvelle administration américaine. Selon nos informations, basées sur les rapports d’Al Jazeera, les pourparlers qui se tenaient cette semaine en Suisse n’ont pas permis de percée significative. La délégation américaine, emmenée par Steve Witkoff, envoyé spécial du président Donald Trump, et Jared Kushner, son gendre, a dû clore la session plus tôt que planifié.
La question territoriale au cœur du blocage
Le point d’achoppement demeure inchangé et constitue le verrou principal de ces discussions : l’insistance de la Russie à conserver les territoires saisis en Ukraine. Cette position inflexible de Moscou a provoqué l’enlisement de cette deuxième tentative de médiation tripartite impliquant des hauts responsables militaires des deux camps.
Cet échec partiel résonne particulièrement avec les engagements pris par Donald Trump durant sa campagne présidentielle de 2024. Le président américain avait alors affirmé à plusieurs reprises qu’il serait en mesure d’obtenir un cessez-le-feu en « 24 heures ». La réalité du terrain diplomatique, à l’aube de la cinquième année de guerre, contredit pour l’instant cette promesse électorale.
Une succession d’initiatives sans lendemain
Ce nouvel épisode à Genève s’ajoute à une longue liste de tentatives infructueuses pour mettre fin au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Depuis les premières rencontres en Biélorussie et en Turquie en 2022, jusqu’au sommet en Suisse de juin 2024, les positions sont restées figées.
Il convient de rappeler que le continent africain s’était également impliqué dans la recherche de solutions. En juin 2023, une délégation de dirigeants africains, incluant le chef de l’État du Sénégal, s’était rendue à Kiev et Saint-Pétersbourg pour présenter un plan de désescalade, une initiative qui s’était heurtée au refus ukrainien de geler le conflit sans retrait russe préalable.
Une pression accrue sur Kiev
L’approche de l’administration Trump s’est distinguée par une méthode plus directe, parfois brutale. Des épisodes de tension ont été rapportés, notamment une rencontre télévisée dans le Bureau Ovale le 28 février 2025, où le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a fait face aux critiques virulentes de l’exécutif américain.
Si un échange de 314 prisonniers a pu être finalisé le 4 février dernier grâce à une médiation des Émirats arabes unis, les questions politiques et sécuritaires de fond restent, elles, dans une impasse totale.


