La question de l’avenir international de l’ancien chef de l’État commence à alimenter les réflexions au sein de la sphère diplomatique. Alors que l’hypothèse d’une candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies est qualifiée de « probable » par plusieurs observateurs, la posture que devront adopter les nouvelles autorités sénégalaises fait l’objet d’une attention particulière. Une analyse publiée par nos confrères d’Emedia invite le régime actuel à la « prudence » et à la « retenue », en convoquant des précédents historiques pour éclairer la marche à suivre.
Selon cette lecture diplomatique, l’élection au perchoir de l’ONU ne dépend pas exclusivement de la volonté nationale. Si des griefs, objectifs ou subjectifs, peuvent exister entre l’ancien président et une partie de ses compatriotes, la réalité des institutions internationales obéit à d’autres mécanismes. Le succès d’une telle entreprise repose en grande partie sur l’appui de puissances étrangères, notamment au sein du Conseil de sécurité.
Cependant, le soutien de l’État d’origine demeure un paramètre symbolique et politique de premier plan. L’analyse d’Emedia qualifie par avance de « grande maladresse » et de « mauvais précédent » toute abstention du Sénégal dans l’accompagnement de cette éventuelle candidature. Pour étayer cette position, le média convoque l’histoire des relations entre Abdou Diouf et son successeur Abdoulaye Wade.
À l’époque, la candidature de l’ancien président socialiste à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) n’avait été soutenue que « du bout des lèvres » par le président Wade, qui privilégiait initialement l’écrivain congolais Henri Lopes. Abdou Diouf avait néanmoins été élu, porté par la volonté du président français Jacques Chirac. Cet épisode illustre la complexité des jeux d’influence où le soutien national, bien que nécessaire pour la cohésion diplomatique, n’est pas toujours le seul facteur déterminant.
A contrario, le soutien officiel ne garantit pas l’élection, comme le rappelle le cas récent d’Amadou Hott. Sponsorisé par le Sénégal pour la présidence de la Banque Africaine de Développement (BAD), l’ancien ministre de l’Économie n’a pas obtenu le poste, qui est revenu au candidat mauritanien. Dans le même registre, la position officielle de l’État est toujours attendue concernant la candidature du poète Amadou Lamine Sall au secrétariat général de la Francophonie.
Pour la source, la continuité de l’État et le rayonnement diplomatique du Sénégal devraient primer sur les considérations de politique intérieure, suggérant que le président Bassirou Diomaye Faye aurait tout intérêt à accompagner cette démarche si elle se concrétise.


