Une vaste coalition diplomatique s’est formée mardi au siège des Nations Unies pour dénoncer une accélération stratégique sur le terrain en Cisjordanie. Plus de 80 États membres, appuyés par plusieurs organisations internationales, ont signé une déclaration commune visant à stopper une manœuvre administrative israélienne qui pourrait redessiner durablement la carte des territoires occupés.
Portée par l’ambassadeur palestinien à l’ONU, Riyad Mansour, cette déclaration condamne fermement les « décisions et mesures unilatérales » prises récemment par Tel-Aviv. Au cœur de cette mobilisation internationale se trouve la volonté d’Israël d’étendre son contrôle sur de larges portions de terres palestiniennes en les classant comme « propriété de l’État » israélien. Selon la coalition, ces agissements contreviennent aux obligations d’Israël au regard du droit international et doivent être « immédiatement annulés ».
Le point de rupture qui a déclenché cette levée de boucliers concerne spécifiquement la décision d’Israël de mettre en œuvre l’enregistrement des terres dans la zone C de la Cisjordanie. Selon les données rapportées par Al Jazeera, c’est la première fois qu’une telle procédure est lancée depuis le début de l’occupation en 1967. La zone C représente environ 60 % du territoire de la Cisjordanie.
La liste des signataires de cette déclaration illustre l’ampleur de l’inquiétude internationale. Elle regroupe des puissances aux intérêts souvent divergents, telles que la France, la Chine, la Russie, l’Australie ou le Canada, aux côtés de l’Arabie saoudite, de la Turquie, des Émirats arabes unis et de la Corée du Sud. L’Union européenne, la Ligue des États arabes et l’Organisation de la coopération islamique se sont également jointes au texte.
Pour Riyad Mansour, ces mesures visent à altérer « la composition démographique, le caractère et le statut » des territoires occupés, y compris Jérusalem-Est. Il a également souligné que cette politique compromet les perspectives d’un accord de paix et va à l’encontre du « Plan global », un accord de novembre entre Israël et le Hamas incluant l’arrêt des activités de colonisation.
Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a relayé ces préoccupations plus tôt cette semaine. Il a averti que ce plan d’enregistrement foncier risquait d’aboutir à la « dépossession des Palestiniens de leurs biens » et d’étendre le contrôle israélien de manière illégale. Il s’est appuyé sur l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ) de 2024, qui a qualifié l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza d’illégale, exigeant sa fin.
Sur le terrain, la tension reste vive. Parallèlement à ces débats diplomatiques, l’agence de presse palestinienne Wafa a rapporté mardi un drame dans la vallée du Jourdain. Un enfant palestinien de 13 ans a été tué et deux autres grièvement blessés par des munitions abandonnées par l’armée israélienne.


