Un nouveau chapitre s’ouvre dans le bras de fer opposant l’État de New York à l’administration fédérale concernant le financement des infrastructures critiques. Alors que les travaux étaient menacés de paralysie, une tranche de financement vient d’être débloquée, mais le dossier reste marqué par des tensions politiques et des révélations surprenantes concernant les coulisses des négociations.
L’État de New York a confirmé la réception de 77 millions de dollars de la part du gouvernement fédéral. Cette somme est destinée au projet de tunnels et de ponts reliant l’État à son voisin, le New Jersey. Selon nos informations, relayées par Al Jazeera, ce versement intervient dans un climat de méfiance persistante entre les autorités locales démocrates et le président Donald Trump.
La gouverneure de New York, Kathy Hochul, s’est rendue mardi sur un chantier accompagnée de dirigeants syndicaux pour maintenir la pression sur Washington. L’objectif reste le déblocage total des fonds gelés depuis octobre dernier, au plus fort d’un shutdown gouvernemental historique.
« Cela ne peut pas continuer ainsi », a déclaré Kathy Hochul aux ouvriers présents. « Les travailleurs doivent savoir que ce travail sera là : celui pour lequel ils ont signé, celui pour lequel ils ont été formés. »
Un projet vital pris en otage
Au cœur du conflit se trouve le « Gateway Program », une initiative interétatique visant à rénover et étendre les tunnels vieillissants du corridor Nord-Est. Ces infrastructures sont jugées vitales pour la sécurité et l’économie de la région métropolitaine. Le gouvernement fédéral s’était initialement engagé à soutenir ce projet à hauteur de plusieurs milliards de dollars.
Cependant, le 1er octobre, l’administration Trump a suspendu 18 milliards de dollars de financements déjà accordés. Cette manœuvre visait officiellement à faire pression sur les juridictions démocrates pour qu’elles accèdent aux demandes républicaines mettant fin au shutdown.
L’intervention décisive de la justice
Face à l’impasse, les États de New York et du New Jersey ont porté l’affaire devant les tribunaux le 3 février. Les procureurs généraux des deux États ont averti que sans reprise du financement fédéral, les chantiers seraient contraints à l’arrêt complet dès le 6 février.
À l’échéance fixée, un juge de district américain a ordonné le déblocage des fonds, citant le risque de « préjudice irréparable » pour le projet. Cette décision a contraint Washington à verser plus de 200 millions de dollars de remboursement, suivis par 30 millions supplémentaires la semaine dernière, et les 77 millions annoncés ce mardi.
Une condition insolite évoquée par la Maison Blanche
Si le financement reprend au compte-gouttes, la dimension politique du dossier prend une tournure inattendue. Sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a qualifié le projet de « désastre » financier et a nié les rapports selon lesquels il aurait proposé de débloquer les fonds en échange d’une condition spécifique : renommer la gare de Penn Station à New York et l’aéroport Dulles de Washington à son nom.
« C’est juste encore des fake news », a écrit le président, attribuant cette idée à « certains politiciens ». Pourtant, sa propre porte-parole, Karoline Leavitt, a semblé confirmer la semaine dernière que le sujet avait bien été abordé.
« Pourquoi pas ? », a-t-elle lancé à un journaliste. « C’est quelque chose que le président a évoqué dans sa conversation avec Chuck Schumer [le chef de la minorité au Sénat]. »
Cette déclaration intervient alors que la Trump Organization a déposé mardi des demandes de marque pour tout aéroport portant le nom du président, ajoutant une couche de complexité à des négociations déjà tendues sur l’avenir des infrastructures new-yorkaises.


