L’initiative diplomatique portée par le président américain Donald Trump, visant à instaurer un nouvel organe de résolution des conflits, connaît sa première étape concrète cette semaine à Washington. Si l’Union européenne a confirmé le déplacement d’une haute représentante pour l’inauguration de cette instance, Bruxelles a tenu à clarifier la nature exacte de sa présence, traçant une distinction nette entre participation au dialogue et intégration formelle à la structure.
Une présence ciblée sur le dossier de Gaza
La Commission européenne a acté l’envoi de Dubravka Suica, commissaire chargée de la Méditerranée, pour la session inaugurale prévue ce jeudi dans la capitale fédérale américaine. Selon les informations relayées par Anadolu, l’agenda de la représentante européenne se concentrera spécifiquement sur la séquence dédiée à la situation dans la bande de Gaza. L’objectif affiché par Bruxelles est de faire valoir la position des Vingt-Sept sur ce conflit, dans un cadre où l’administration américaine entend peser de tout son poids.
Le refus catégorique du statut de membre
Cependant, ce déplacement ne vaut pas adhésion. La Commission européenne a explicitement fermé la porte à une intégration au sein de ce « Conseil de paix ». Guillaume Mercier, porte-parole de l’UE, a levé toute ambiguïté lors d’un point presse lundi : « Elle participera à la réunion du Conseil de paix pour la partie spécifique consacrée à Gaza. Je tiens à souligner que la Commission européenne ne devient pas membre du Conseil de paix. »
Cette précision s’avère cruciale au regard des conditions d’entrée fixées par la charte de cette nouvelle entité. L’adhésion en tant que membre permanent requiert en effet le versement d’une contribution financière fixée à un milliard de dollars. Une disposition qui suscite des réserves importantes, certains observateurs y voyant une forme de privatisation de la diplomatie mondiale, concurrente du Conseil de sécurité des Nations unies.
Des interrogations sur la gouvernance et la légalité internationale
Au-delà de l’aspect financier, Bruxelles soulève des questions de fond sur l’architecture même du projet. La Commission européenne a indiqué avoir des doutes concernant le « champ d’application » et la « gouvernance » de cette instance. Le point de friction majeur reste sa compatibilité avec la Charte des Nations unies, l’Union européenne réaffirmant sa priorité donnée au multilatéralisme traditionnel et au respect du cadre onusien pour la gestion des crises internationales.

