La tension monte d’un cran dans la course à la mairie de Paris. À quelques semaines du premier tour des élections municipales, le débat politique a quitté le terrain des programmes pour s’inviter sur le plan judiciaire ce lundi. Une sortie médiatique de la ministre et candidate de la droite, Rachida Dati, mettant directement en cause les méthodes de ses adversaires, a provoqué une réaction immédiate du camp de la gauche unie.
Emmanuel Grégoire, candidat hors La France insoumise (LFI), a officialisé le dépôt d’une plainte pour diffamation. Cette décision fait suite aux déclarations tenues par Rachida Dati sur les antennes de CNews et Europe 1. Interrogée sur le climat politique national et les violences survenues à Lyon après le décès d’un militant, la ministre a établi un lien direct avec la campagne parisienne, ciblant nommément plusieurs figures de l’opposition municipale.
Selon nos informations, relayant les propos rapportés par l’agence Anadolu, Rachida Dati a affirmé : « Parfois, vous menez des réunions, et l’équipe de Monsieur Brossat, Monsieur Belliard et Monsieur Grégoire vous envoie des gens pour essayer de vous agresser ou d’agresser les gens avec lesquels vous vous réunissez. » Une accusation de recours à la violence physique qui a immédiatement fait réagir les intéressés.
Dans un communiqué diffusé en fin de matinée, l’équipe d’Emmanuel Grégoire a qualifié ces allégations de « profondément diffamatoires ». La démarche judiciaire entreprise vise, selon le camp du candidat, à « défendre l’honneur d’Emmanuel Grégoire et de la gauche unie ainsi que l’intégrité du débat démocratique à Paris ». Les deux autres élus cités, Ian Brossat et David Belliard, ont confirmé s’associer à cette riposte juridique, Belliard dénonçant des accusations « mensongères ».
Au-delà de la plainte, l’équipe de Grégoire a tenu à présenter sa version des faits concernant le climat de campagne. Tout en contestant toute implication dans des actes de violence, elle a pointé du doigt des incidents survenus dimanche dans le quinzième arrondissement, où des militants auraient été pris à partie par des soutiens d’une candidate d’extrême droite. Un autre incident, impliquant une intervention policière lors d’un porte-à-porte dans le septième arrondissement — fief de Rachida Dati — a également été évoqué, précisant qu’une procédure avait été ouverte puis classée sans suite en moins de vingt-quatre heures.

