Réunie en deuxième session ce samedi 14 février, la Coalition de la société civile a finalisé ses travaux concernant la mise en œuvre des conclusions des Assises nationales et des recommandations de la CNRI. Alors que le processus de révision constitutionnelle annoncé par le chef de l’État se précise, l’organisation ne s’est pas contentée de formuler des propositions techniques : elle a identifié un obstacle majeur à la réussite du projet et élaboré une stratégie spécifique pour le surmonter.
Le constat posé par la Coalition est clair : pour être légitime et durable, la réforme ne peut se limiter à un échange de documents entre experts et autorités. Selon nos confrères de Sud Quotidien, l’enjeu central identifié par les acteurs civiques est celui du « portage citoyen ». Les propositions, destinées à être transmises au président Bassirou Diomaye Faye, doivent impérativement sortir des cercles initiés pour obtenir l’adhésion réelle de l’opinion publique.
Trois piliers pour une refonte institutionnelle
Sur le fond, les travaux de la Coalition ont permis de dégager trois axes prioritaires qui devront structurer la future Constitution. L’organisation cible spécifiquement la gestion rigoureuse des deniers publics, l’instauration d’une démocratie participative effective et la garantie de l’indépendance de la justice. Ces trois piliers constituent le socle des revendications qui seront portées à l’attention de l’Exécutif.
Briser la barrière du langage technique
Pour garantir que ces thématiques soient comprises par tous, la Coalition a validé une approche pédagogique de rupture. L’objectif est de traduire le contenu juridique, souvent aride, en un langage accessible au plus grand nombre. Mamadou Ndoye, président de la structure, insiste sur la nécessité de créer des formats d’échanges adaptés, loin du formalisme habituel, en privilégiant les conférences publiques et les rencontres de proximité.
Cette volonté de vulgarisation s’appuie sur un dispositif opérationnel précis. La commission 3 a produit une note de référence pour lancer une campagne immédiate. Denis Ndour, membre de cette commission, précise que la stratégie repose sur l’identification de mots-clés et la mobilisation de relais d’opinion. Députés, médias, et influenceurs seront sollicités pour devenir des « ambassadeurs de la bonne gouvernance ».
Une offensive médiatique et territoriale
Le déploiement de cette stratégie prévoit une couverture linguistique large, avec une diffusion des messages dans les langues nationales, notamment en wolof. La Coalition compte s’appuyer sur les radios communautaires et les réseaux sociaux pour toucher les citoyens dans leur quotidien, au-delà des centres urbains. L’ambition affichée est de faire émerger des dynamiques citoyennes dans toutes les régions du Sénégal, transformant ainsi une réforme institutionnelle en un véritable projet de société partagé.


