Les rideaux sont tombés samedi 14 février sur la première édition du forum économique et social de Foundiougne. Durant 72 heures, experts, partenaires au développement et acteurs de la décentralisation ont travaillé à l’élaboration d’une feuille de route pour repositionner cet ancien comptoir colonial sur la voie de l’émergence. Au-delà des constats, cette rencontre a permis de chiffrer précisément les besoins financiers nécessaires pour transformer le potentiel dormant du département en réalité économique.
Pour concrétiser cette nouvelle stratégie, le Conseil départemental et ses partenaires ont arrêté une enveloppe prévisionnelle conséquente. Le coût d’investissement des projets jugés prioritaires est estimé à près de 47 milliards de francs CFA. Selon les informations relayées par Sud Quotidien, cette somme pourrait grimper jusqu’à 100 milliards de francs CFA si l’on y intègre l’ensemble des programmes structurants nécessaires pour couvrir la totalité des investissements prévisionnels.
Cette mobilisation de fonds répond à une urgence démographique et sociale. Situé en bordure du fleuve Saloum, le département compte aujourd’hui 397 179 habitants, un chiffre qui devrait atteindre 537 643 âmes d’ici 2035. Face à ces flux migratoires et à la poussée démographique, les autorités locales, à travers le Schéma départemental d’aménagement du territoire (SDAT), cherchent à anticiper la demande sociale.
Le diagnostic posé lors du forum révèle un paradoxe frappant entre les richesses naturelles et la réalité économique. Les infrastructures existantes peinent à produire les effets escomptés. Le pont « Nelson Mandela », bien qu’essentiel pour la mobilité entre le Nord et le Sud du pays, n’a pas encore généré les retombées financières additionnelles espérées par les populations. De même, les bateaux-taxis annoncés pour relier Dakar aux îles du Saloum tardent à se matérialiser sur le plan d’eau.
Le constat sur le terrain reste sévère : les anciens bâtiments coloniaux de commerce, témoins de l’époque où Foundiougne était un port attractif de l’AOF, tombent en ruine, et plusieurs réceptifs hôteliers ont fermé leurs portes. Le secteur agricole et l’élevage, encore trop extensifs, ne parviennent pas à enrichir suffisamment les producteurs locaux.
Pour sortir de cette impasse, le plan validé mise sur une transformation structurelle. Les besoins identifiés incluent la modernisation du système de santé, la relance du tourisme dans la baie de Toubacouta et le développement d’une agriculture praticable en toute saison. L’ambition affichée est de faire de Foundiougne un hub logistique et tertiaire, capable de créer des emplois durables pour absorber la croissance démographique à venir.


