La nouvelle configuration du capital de la société 2AS suscite une vive opposition au sein de la plateforme aéroportuaire. Alors que la structure a récemment connu une phase de nationalisation, les représentants du personnel montent au créneau pour dénoncer une répartition qui, selon eux, marginalise les acteurs historiques de l’entreprise. Dans un mémorandum transmis à notre confrère IGFM, les travailleurs rejettent le schéma actuel et conditionnent la stabilité sociale au respect d’engagements antérieurs.
Le nœud du problème remonte à la genèse de la société. Selon les représentants syndicaux, la création de 2AS en 2017 s’inscrivait dans une dynamique nationale précise, incluant une promesse formelle d’actionnariat salarié. Ils rappellent que les travailleurs issus de LSS, et plus particulièrement de la société SHS, détenaient 10 % du capital avant ce qu’ils qualifient de « réforme historique ». Cette participation était censée garantir l’implication du personnel dans la souveraineté de la plateforme aéroportuaire.
La situation a évolué en septembre 2023 avec le rachat des parts de LAS, marquant la nationalisation effective de la structure. Si les partenaires sociaux affirment avoir soutenu cette transition par « patriotisme » pour assurer l’ouverture et la continuité de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD), ils déplorent aujourd’hui une « ignorance béante » de leurs intérêts dans la restructuration finale. « Toutes stratégies de restructuration devraient être faites dans le consensus », martèlent-ils, qualifiant les engagements reçus jusqu’ici de « promesses stériles ».
Face à ce constat, les travailleurs ont formulé trois exigences claires à l’endroit des autorités : l’ouverture urgente d’un cadre de discussion avec l’État, une clarification officielle sur la nouvelle structuration du capital, et surtout, la mise en œuvre effective de l’actionnariat salarié tel qu’il avait été accepté à l’origine. Ils insistent sur la nécessité d’ouvrir le capital, le cas échéant, à des partenaires stratégiques capables de renforcer les capacités d’investissement, notamment en matériel de handling.
Bien que le ton se veuille constructif, précisant que la démarche ne vise « aucune entité en particulier », le personnel n’exclut pas de durcir le mouvement. Les représentants préviennent qu’à défaut d’un dialogue formel et fécond, ils se réservent le droit d’user de tous les moyens légaux et syndicaux à leur disposition pour obtenir gain de cause.


