En marge du 39e sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, la question de la représentativité du continent dans les instances de décision mondiales a connu une avancée notable. Lors d’un tête-à-tête diplomatique samedi, le Secrétaire général des Nations unies a clairement fléché sa préférence pour une nation ouest-africaine, l’invitant à assumer un leadership accru sur la scène internationale.
C’est au Nigeria qu’Antonio Guterres a apporté son soutien explicite pour l’obtention d’un siège permanent au Conseil de sécurité. Selon l’agence Anadolu, qui rapporte les échanges tenus avec le vice-président nigérian Kashim Shettima, le patron de l’ONU estime que le géant de l’Afrique de l’Ouest est « idéalement placé » pour porter la voix du continent dans un ordre mondial en pleine restructuration.
Pour justifier cette position, Antonio Guterres a énuméré plusieurs atouts structurels. Il a mis en avant la démographie du Nigeria – la plus importante d’Afrique –, l’abondance de ses ressources naturelles et humaines, ainsi que la continuité de sa gouvernance démocratique. Ces éléments, couplés à un attachement au multilatéralisme, confèrent à Abuja une légitimité stratégique pour piloter cette mutation géopolitique.
Au-delà de la diplomatie pure, le volet sécuritaire et économique a été abordé. Le Secrétaire général a salué les réformes engagées par l’administration du président Bola Tinubu et a souligné le rôle stabilisateur du Nigeria au sein de la CEDEAO et au Sahel, en dépit des défis sécuritaires internes auxquels le pays fait face.
De son côté, le vice-président Kashim Shettima a accueilli favorablement cette marque de confiance. Il a réitéré l’appel d’Abuja pour une réforme globale de l’ONU qui reflèterait les réalités contemporaines, insistant sur la nécessité impérative d’une représentation africaine permanente au sein de l’organe exécutif des Nations unies.

