Le gouvernement israélien vient d’opérer un basculement juridique majeur dans sa gestion des territoires occupés. Pour la première fois depuis la guerre des Six Jours, l’exécutif a validé une proposition visant à modifier le registre cadastral de larges pans de la Cisjordanie, réactivant ainsi un mécanisme administratif qui était à l’arrêt depuis près de soixante ans.
L’information, rapportée par la chaîne publique israélienne KAN et relayée par Al Jazeera, précise la nature exacte de cette décision. Le gouvernement a officiellement approuvé l’enregistrement de ces zones comme « propriété de l’État ». Cette nouvelle classification permet aux autorités israéliennes d’exercer un contrôle direct sur la gestion et l’attribution de ces terres, modifiant de facto leur statut juridique antérieur.
Cette initiative est le fruit d’une collaboration entre trois figures centrales de la coalition gouvernementale actuelle. La proposition a été soumise conjointement par le ministre des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich, le ministre de la Justice, Yariv Levin, et le ministre de la Défense, Israel Katz. Leur action coordonnée vise à normaliser le statut foncier de ces territoires au regard du droit israélien.
Le contexte technique de cette décision est déterminant pour en comprendre la portée. La majeure partie des terres palestiniennes ne dispose pas d’un enregistrement formel moderne. Ce vide administratif s’explique par une décision historique : Israël avait stoppé le processus complexe d’enregistrement des terres dès le début de l’occupation en 1967. En levant ce blocage pour classer les terres en propriété étatique, le gouvernement rompt avec une politique de statu quo observée par les administrations précédentes, une démarche qui rappelle les récentes procédures foncières engagées dans la région.
Cette décision intervient alors que les observateurs internationaux scrutent avec attention toute modification administrative susceptible d’impacter l’expansion en Cisjordanie et la viabilité territoriale des zones palestiniennes.


