La Chambre d’accusation financière a rendu une décision favorable, ce jeudi 12 février, concernant la demande de mise en liberté provisoire du député-maire des Agnam. Si les magistrats ont ordonné sa libération immédiate, l’exécution de cette mesure se heurte à des contraintes procédurales strictes qui maintiennent, pour l’heure, l’élus en détention.
Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, la juridiction a statué sur l’appel du Parquet général contre l’ordonnance du 12 janvier dernier. Cette ordonnance, initialement rendue par le président du collège des juges d’instruction du Pool judiciaire et financier (PJF), accordait la liberté conditionnelle à Farba Ngom ainsi qu’à son co-accusé, Tahirou Sarr. Si ce dernier a pu quitter la prison le soir même de la décision initiale, le député-maire reste confronté à une situation judiciaire plus complexe.
La décision rendue hier par la Chambre d’accusation est en effet suspendue à la volonté du procureur de la République financier. Ce dernier dispose d’un délai légal de six jours pour se pourvoir en cassation. Si le Parquet décide d’activer ce levier, le dossier sera transmis à la Chambre pénale de la Cour suprême, bloquant de facto la sortie de prison. En l’absence de pourvoi à l’expiration de ce délai, la liberté conditionnelle, assortie du port d’un bracelet électronique, deviendrait effective sur ce dossier précis.
Cependant, un second obstacle juridique rend la libération effective de Farba Ngom peu probable à court terme. Le parlementaire fait l’objet d’une autre procédure judiciaire distincte, portant sur des accusations de diffusion de procès-verbaux confidentiels et de partage de contenus à caractère pornographique. Dans ce cadre, l’Assemblée nationale a enclenché le processus de levée de son immunité parlementaire.
Les députés, réunis en séance plénière le lundi 9 février, ont ratifié la liste des membres de la commission ad hoc chargée d’instruire cette demande. Le débat final est programmé pour la séance plénière du 16 février prochain. Cette seconde affaire constitue un frein indépendant de la décision rendue par la Chambre d’accusation financière.
Pour rappel, Farba Ngom a été placé sous mandat de dépôt le 27 février 2025. Il est poursuivi pour association de malfaiteurs, complicité d’escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux et abus de biens sociaux. La Cour suprême avait, par ailleurs, rejeté un précédent pourvoi du député le 12 janvier dernier, confirmant la complexité de la bataille procédurale en cours.


