Une étape diplomatique et technique vient d’être franchie à Damas entre les autorités turques et syriennes. Alors que la région reste exposée à des tensions médiatiques complexes, les deux nations ont convenu d’instaurer une collaboration structurelle inédite pour maîtriser le flux d’informations et sécuriser leurs espaces publics respectifs.
Une délégation turque de haut niveau s’est rendue dans la capitale syrienne pour matérialiser ce rapprochement. Conduite par l’ambassadeur Nuh Yilmaz et composée de responsables de la Présidence de la communication, la mission a tenu une séance de travail décisive avec le ministre syrien de l’Information, Hamza Mustafa. L’objectif affiché était de dépasser les simples déclarations d’intention pour aboutir à des solutions techniques concrètes face aux défis communs.
Selon nos informations, basées sur une dépêche de l’agence Anadolu, cette rencontre a abouti à la création d’un mécanisme de coordination en communication opérationnel 24 heures sur 24. Ce dispositif servira de passerelle directe et permanente entre les deux pays, permettant une réactivité immédiate face aux crises médiatiques.
Ferhat Pirincci, vice-directeur de la communication de la présidence turque, a confirmé que ce système vise à établir une ligne claire et continue entre les institutions des deux États. Il ne s’agit pas seulement d’échanger des informations, mais de structurer une réponse commune face aux campagnes de désinformation qui ciblent la région.
Les discussions ont mis en lumière la vulnérabilité de la Syrie après des années de conflit interne. L’ambassadeur Yilmaz a souligné que Damas fait face à des vagues de fausses informations, notamment en lien avec la lutte contre l’organisation PKK et les événements survenus dans les régions côtières et à Sweida. La Turquie, ayant acquis une expertise significative dans la gestion de ces menaces, entend partager son savoir-faire.
Au-delà de ce canal d’urgence, l’accord prévoit un renforcement des capacités institutionnelles. Les deux parties ont validé la mise en place de programmes de formation conjoints et d’échanges d’expériences. La coopération s’étendra à la gestion de la perception médiatique, à la diplomatie publique et à la communication de crise, scellant ainsi une nouvelle ère de coopération technique entre Ankara et Damas.

