À Washington, l’unité du camp républicain vient de se fissurer sur un dossier économique majeur. Alors que la Maison-Blanche maintient une ligne dure concernant les échanges commerciaux avec son voisin du nord, le pouvoir législatif a posé un acte de défiance significatif. La Chambre des représentants a adopté un texte visant directement à annuler les mesures tarifaires imposées par l’administration actuelle, marquant une rupture rare entre le président et une partie de sa propre majorité.
Ce mercredi, les législateurs américains ont approuvé un projet de loi destiné à supprimer les tarifs douaniers instaurés par le président Donald Trump sur les produits canadiens. Le texte a été adopté par 219 voix contre 211. Ce résultat, relayé par nos confrères d’Al Jazeera, révèle que plusieurs élus républicains ont choisi de traverser les lignes partisanes pour joindre leurs voix à celles des démocrates, ignorant ainsi les consignes strictes de l’exécutif.
Cette fronde parlementaire intervient dans un climat de forte pression politique. Avant le vote, Donald Trump avait explicitement menacé les élus de son camp. Sur les réseaux sociaux, le président avait averti que tout républicain s’opposant à ces tarifs subirait de « sérieuses conséquences » lors des prochaines échéances électorales, ciblant spécifiquement les primaires à venir. Il a par ailleurs qualifié le Canada de partenaire commercial « parmi les pires au monde à gérer », justifiant sa politique par la nécessité de protéger la frontière nord.
L’enjeu dépasse la simple querelle diplomatique. À l’approche des élections de mi-mandat, dont les primaires débutent en mars, la question du coût de la vie devient centrale. Les démocrates, à l’image du représentant Gregory Meeks, ont cadré le débat autour de l’inflation, sommant leurs collègues de choisir entre « baisser le coût de la vie pour les familles américaines » ou maintenir une « loyauté envers une seule personne ». Des sondages, notamment une étude du Pew Research Center citée par Al Jazeera, indiquent que 60 % des Américains désapprouvent ces hausses tarifaires, perçues comme responsables de l’augmentation des prix.
Le texte doit désormais être examiné par le Sénat, où son adoption est jugée probable, la chambre haute ayant déjà validé des législations similaires par le passé. Toutefois, l’initiative risque de se heurter au veto présidentiel. Pour surmonter ce blocage constitutionnel, le Congrès devrait réunir une majorité des deux tiers dans chaque chambre, un seuil arithmétique qui semble, au vu du scrutin serré de mercredi, hors de portée pour les opposants aux tarifs.


