Entre bruits de bottes et ouverture diplomatique, Téhéran joue une partition complexe. Alors que les États-Unis renforcent leur présence militaire dans le Golfe, l’Iran a confirmé, par la voix de son président, la tenue imminente de nouvelles discussions sur le dossier nucléaire. Une main tendue qui s’accompagne toutefois d’avertissements sévères quant aux conséquences d’un éventuel conflit armé.
Le président iranien Masoud Pezeshkian a annoncé que son pays se préparait à un nouveau cycle de négociations nucléaires dès la semaine prochaine. Cette annonce survient après des échanges indirects tenus à Oman, qualifiés de « pas en avant » par l’exécutif iranien. Cependant, le chef de l’État a posé un cadre strict pour ces échanges : le respect mutuel. « La nation iranienne a toujours répondu au respect par le respect, mais ne peut supporter le langage de la force », a-t-il déclaré, faisant référence aux droits stipulés dans le Traité de non-prolifération nucléaire.
Cette volonté de dialogue, relayée par notre confrère Al Jazeera, se heurte à un contexte sécuritaire volatile. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a souligné qu’il n’y avait « pas d’autre voie que les négociations », tout en rejetant fermement le déploiement naval américain, qualifié de « belle armada » par le président américain Donald Trump. Pour le chef de la diplomatie iranienne, l’indépendance acquise depuis la révolution de 1979 reste une ligne rouge, affirmant que l’Iran ne renoncera pas à l’enrichissement nucléaire civil, même sous la menace d’attaques.
Sur le plan militaire, le ton se veut dissuasif. Le général de division Abdolrahim Mousavi a émis une mise en garde explicite : si l’Iran ne souhaite pas la guerre, il s’y prépare. Selon lui, un conflit embraserait l’ensemble de la région et retarderait son développement de plusieurs années, une responsabilité qu’il attribue par avance aux « bellicistes » américains et israéliens.
Ces tensions géopolitiques se doublent d’une situation intérieure fragile, à l’approche de l’anniversaire de la révolution. Le pays reste marqué par des difficultés économiques majeures et les séquelles des manifestations récentes. Les bilans humains de ces troubles divergent considérablement selon les sources, les autorités reconnaissant environ 3 000 décès, tandis que les rapporteurs des Nations Unies évoquent des chiffres pouvant dépasser les 20 000 victimes, dans un contexte où l’accès à l’information reste contraint.


