Le Premier ministre indien Narendra Modi a effectué ce dimanche un déplacement stratégique en Asie du Sud-Est, marquant sa première visite en Malaisie depuis le rehaussement des relations bilatérales au rang de partenariat stratégique global en août 2024. Reçu à Putrajaya par son homologue Anwar Ibrahim, le dirigeant indien n’a pas seulement consolidé des liens diplomatiques ; il a jeté les bases d’une coopération accrue dans des secteurs industriels vitaux pour l’économie de son pays.
Au cœur des échanges officiels, qui ont abouti à la signature de onze accords allant de la gestion des catastrophes aux opérations de maintien de la paix, une priorité économique s’est nettement détachée. Les deux nations ont convenu d’approfondir leur collaboration dans le domaine des semi-conducteurs, une industrie où la Malaisie occupe une position enviable sur l’échiquier mondial.
Selon les données gouvernementales relayées par Al Jazeera, la Malaisie se classe au sixième rang mondial des exportateurs de semi-conducteurs, un secteur qui représente environ 25 % de son produit intérieur brut. Pour New Delhi, l’objectif est clair : s’appuyer sur l’écosystème malaisien, fort de « 30 à 40 ans d’expérience », pour développer ses propres capacités de fabrication et de test. Le ministère indien des Affaires étrangères a confirmé l’intérêt marqué des entreprises indiennes, notamment Tata Electronics, pour des partenariats en recherche et développement ou pour l’acquisition d’unités d’assemblage sur le sol malaisien.
Outre la technologie, les discussions ont porté sur les mécanismes financiers régissant les échanges bilatéraux. Le Premier ministre malaisien, Anwar Ibrahim, a indiqué que les deux pays poursuivraient leurs efforts pour promouvoir l’utilisation des monnaies locales dans les transactions transfrontalières. Cette mesure vise à faciliter les échanges commerciaux, avec l’ambition affichée de dépasser le volume de 18,6 milliards de dollars enregistré l’année précédente.
Le volet sécuritaire et diplomatique n’a pas été occulté. Les deux dirigeants ont salué la tenue de cinq exercices militaires conjoints au cours des cinq dernières années, s’engageant à intensifier cette coopération de défense. Sur le plan diplomatique, Kuala Lumpur a officiellement apporté son soutien à l’ouverture d’un consulat indien dans l’État de Sabah, sur l’île de Bornéo, renforçant ainsi la présence institutionnelle de l’Inde dans cette région maritime clé.


