Après près de quatre années de conflit, la diplomatie américaine semble décidée à forcer l’issue de la guerre entre l’Ukraine et la Russie. Alors que les combats continuent de faire rage sur le terrain, notamment via des frappes aériennes massives, une nouvelle dynamique s’installe en coulisses. Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a confirmé l’existence d’une pression diplomatique accrue de la part de Washington, matérialisée par un calendrier strict imposé aux deux parties pour parvenir à un accord de paix.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’administration du président Donald Trump a fixé une échéance précise : la guerre doit prendre fin d’ici le début de l’été, soit au mois de juin. Volodymyr Zelenskyy, s’adressant à la presse à Kiev, a précisé que « les Américains proposent aux parties de mettre fin à la guerre d’ici le début de cet été et feront probablement pression sur les parties précisément selon ce calendrier ».
Cette accélération du processus diplomatique s’accompagne d’une nouvelle série de négociations. L’administration américaine insiste sur une chronologie claire des événements et a proposé la tenue du prochain cycle de pourparlers trilatéraux dès la semaine prochaine aux États-Unis, probablement à Miami. La partie ukrainienne a d’ores et déjà confirmé sa présence à cette table de discussion.
Ce développement intervient alors que les promesses initiales du président Donald Trump, qui avait affirmé pouvoir régler le conflit en 24 heures lors de sa prise de fonction, se heurtent à la réalité du terrain plus de douze mois plus tard. Les critiques pointent régulièrement le risque d’une manipulation de l’exécutif américain par le président russe Vladimir Poutine, favorisant les exigences maximalistes du Kremlin.
Les discussions précédentes, menées à Abou Dhabi sous médiation américaine, n’ont pour l’heure abouti qu’à de maigres progrès sur le fond du dossier. Le point de blocage demeure la question territoriale : Moscou exige le retrait des forces ukrainiennes de la région industrielle du Donbass (Donetsk et Louhansk), une condition fermement rejetée par Kiev. La constitution ukrainienne interdit par ailleurs toute cession de territoire, rendant l’équation diplomatique particulièrement complexe.
Néanmoins, un canal de communication reste fonctionnel. Les deux camps ont procédé, le 5 février, à l’échange de 157 prisonniers de guerre de part et d’autre, une opération confirmée par les ministères de la Défense concernés. L’envoyé spécial américain Steve Witkoff, qui mène la médiation aux côtés de Jared Kushner, a souligné que cet échange démontre que « l’engagement diplomatique soutenu donne des résultats tangibles », bien qu’un travail considérable reste à accomplir.
Sur le terrain militaire, la Russie maintient sa stratégie de pression sur les infrastructures énergétiques. Volodymyr Zelenskyy a rapporté le lancement de plus de 400 drones et environ 40 missiles par les forces russes dans la nuit de vendredi à samedi. Une offensive qui contredit, selon Kiev, la volonté affichée de Moscou de négocier. « Moscou doit être privée de la capacité d’utiliser le froid comme levier contre l’Ukraine », a insisté le président ukrainien sur le réseau social X, appelant les soutiens des négociations à réagir face à ces attaques continues.


