La pression économique exercée par l’Union européenne sur Moscou change d’échelle à l’approche d’une date symbolique. Alors que le conflit s’apprête à entrer dans sa quatrième année, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a officialisé vendredi les contours d’un vingtième train de sanctions. Ce nouveau dispositif, loin de se limiter aux restrictions habituelles, cible spécifiquement les circuits de contournement financier et logistique mis en place par la Russie pour maintenir ses revenus énergétiques.
Le cœur de cette nouvelle offensive réglementaire réside dans l’attaque frontale contre la « flotte fantôme » russe. Selon les détails communiqués par Ursula von der Leyen et relayés par l’agence Anadolu, l’Union européenne inscrit 43 navires supplémentaires sur sa liste noire, portant le total à 640 bâtiments visés. L’objectif est d’instaurer une « interdiction totale des services maritimes » liés au transport du pétrole brut russe. Cette mesure vise à assécher les revenus que Moscou tire encore de ses hydrocarbures en compliquant l’acquisition de nouveaux pétroliers et en bloquant la maintenance des méthaniers et brise-glaces existants.
Sur le volet financier, Bruxelles adapte sa stratégie aux nouvelles méthodes de paiement. Outre l’inscription de 20 banques régionales supplémentaires, la Commission s’attaque désormais aux actifs numériques. Le paquet prévoit des mesures strictes contre les cryptomonnaies et les plateformes d’échange, identifiées comme des voies de contournement privilégiées. Cette surveillance accrue s’étend également aux institutions bancaires de pays tiers qui faciliteraient le commerce de biens sous embargo.
Pour la première fois, l’UE active son outil anti-contournement de manière ciblée. Cela se traduit par l’interdiction d’exporter des machines à commande numérique et des équipements radio vers des juridictions jugées à haut risque de réexportation vers la Russie. Parallèlement, la liste des produits interdits à l’exportation s’allonge, incluant désormais le caoutchouc, les tracteurs, certains produits chimiques et des technologies critiques utilisées dans la fabrication d’explosifs.
Dans sa déclaration écrite, la présidente de la Commission a également insisté sur la protection juridique des entreprises européennes. De nouvelles garanties sont proposées pour les prémunir contre les expropriations injustes ou les violations de propriété intellectuelle en Russie. Ursula von der Leyen a exhorté les États membres à valider rapidement ce dispositif pour envoyer un « signal puissant » avant le quatrième anniversaire du déclenchement des hostilités.

