L’équilibre des forces dans le nord-est de la Syrie connaît une mutation significative en ce début de semaine. Alors que la région était sous l’administration quasi exclusive des Forces démocratiques syriennes (FDS) depuis plusieurs années, des mouvements de troupes observés ce lundi marquent le début d’une nouvelle phase de collaboration militaire, conséquence directe d’accords récents impliquant des puissances étrangères.
Un convoi de camions militaires a fait son entrée dans la ville de Hasakah quelques heures seulement après l’instauration d’un couvre-feu par les FDS. Selon les observations rapportées par Al Jazeera, environ 150 membres du personnel de l’armée syrienne composaient ce détachement initial. Teresa Bo, correspondante présente aux abords de la ville, décrit une transition visible sur le terrain : des points de contrôle, jusqu’alors tenus par les forces kurdes, sont désormais opérés par des soldats de l’armée régulière.
Ce déploiement ne se limite pas à une simple présence symbolique. Il constitue la première étape de la mise en œuvre d’un accord de cessez-le-feu soutenu par les États-Unis. Ce pacte, conclu vendredi dernier, prévoit l’intégration de brigades des FDS au sein d’une division militaire rattachée à l’État central. Outre Hasakah, les forces gouvernementales sont attendues dans les villes de Kobané et Qamishli, où elles devraient occuper des bâtiments officiels dans les zones dites de sécurité.
La dimension politique de cette manœuvre est soulignée par la réaction de Washington. Les États-Unis, alliés historiques des FDS dans la lutte contre l’État islamique, ont salué cet accord comme une étape vers l’unité nationale. Cette évolution intervient dans un contexte de reconfiguration du pouvoir à Damas, suite à la chute de l’ancien président Bachar al-Assad en décembre 2024 et l’arrivée au pouvoir du président Ahmed al-Sharaa, avec qui l’administration Trump a entrepris de tisser des liens.
L’accord stipule également la fusion des organes de gouvernance des zones tenues par les FDS avec les institutions étatiques. L’agence de presse syrienne SANA a confirmé que des forces du ministère de l’Intérieur avaient également commencé leur déploiement dans les zones rurales proches de Kobané, illustrant la volonté du nouveau gouvernement de centraliser l’autorité après 14 années de conflit et de fragmentation territoriale.


