L’ombre de l’affaire Jeffrey Epstein continue de s’étendre bien au-delà des frontières américaines, touchant cette fois les hautes sphères de l’État slovaque. Alors que de nouveaux documents judiciaires liés au financier américain défunt viennent d’être exhumés, ils ont provoqué une secousse politique immédiate à Bratislava. Miroslav Lajcak, figure centrale de la diplomatie nationale et proche collaborateur du chef du gouvernement, a dû quitter ses fonctions ce samedi face à la pression médiatique et politique suscitée par ces révélations.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, qui cite la presse locale, c’est la mise au jour de correspondances privées entre le diplomate et le milliardaire accusé de crimes sexuels qui a précipité cette décision. Miroslav Lajcak, qui occupait le poste stratégique de conseiller aux Affaires étrangères et à la Sécurité nationale auprès du Premier ministre Robert Fico, a vu sa position devenir intenable après que son nom est apparu dans ces nouvelles pièces versées au dossier.
La nature des échanges dévoilés
Les documents rendus publics ne se contentent pas de mentionner une simple connaissance entre les deux hommes. D’après les médias slovaques, les échanges épistolaires contiennent des discussions à caractère personnel abordant des thématiques variées. Le point de bascule réside dans la mention explicite de conversations portant sur « les femmes et les questions géopolitiques ». Les archives suggèrent également que Jeffrey Epstein aurait invité le diplomate, alors ministre des Affaires étrangères, à son domicile privé. Les correspondances indiquent par ailleurs que les deux hommes évoquaient régulièrement la situation électorale en Slovaquie.
Face à ces éléments, l’opposition politique a immédiatement exigé le départ du conseiller. Une demande satisfaite samedi par la remise de sa lettre de démission au Premier ministre. Robert Fico a accepté cette décision, tout en soulignant, via l’Agence de presse slovaque (TASR), que le départ de Lajcak privait le pays d’une « expérience diplomatique et politique précieuse ».
La ligne de défense du diplomate
Avant de quitter ses fonctions, Miroslav Lajcak a tenu à répondre aux allégations. Dans une interview accordée au site d’information « 360.sk », l’ancien conseiller a contesté l’interprétation faite de ces documents. Il a fermement nié que « les femmes » aient fait partie des sujets de discussion avec le financier américain. Il a également démenti avoir joué un quelconque rôle d’intermédiaire pour organiser une rencontre entre le Premier ministre Fico et Steve Bannon, l’ancien stratège de Donald Trump, une autre rumeur persistante liée à ces dossiers.
Cette démission s’ajoute à la liste des répercussions mondiales de l’affaire Epstein. Le financier, retrouvé mort dans sa cellule new-yorkaise en août 2019 alors qu’il attendait son procès pour trafic sexuel de mineures, a laissé derrière lui une vaste quantité de documents citant de nombreuses personnalités internationales, sans que cela ne constitue systématiquement une preuve de culpabilité pénale.

