Le climat était particulièrement tendu ce lundi au siège des Nations Unies à New York. Alors que la question de la stabilité en Asie-Pacifique s’invitait aux débats du Conseil de sécurité, les représentants de Beijing et de Washington se sont livrés à une passe d’armes diplomatique d’une rare intensité. Au-delà des habituelles divergences géopolitiques, la partie chinoise a choisi de contester la légitimité même de son interlocuteur à évoquer le droit international sur un dossier précis.
L’incident a débuté suite à l’intervention de la représentante adjointe des États-Unis, Tammy Bruce. Cette dernière a exprimé les vives inquiétudes de Washington concernant les activités de Pékin en mer de Chine méridionale, qualifiant les revendications territoriales chinoises d’« expansives et illégales ». Pour appuyer son propos, la diplomate américaine a souligné que ces actions manquaient de fondement au regard de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM).
C’est précisément sur cette référence juridique que la réponse chinoise s’est construite. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, Fu Cong, le représentant permanent de la Chine auprès de l’ONU, a rejeté ces critiques en pointant une contradiction fondamentale dans la position américaine. L’argument central de Pékin repose sur le statut juridique des États-Unis vis-à-vis du traité invoqué : Washington n’a jamais ratifié la Convention sur le droit de la mer.
« Les États-Unis ne sont pas un État partie à la CNUDM, et ils sont d’autant plus mal qualifiés pour agir en tant que juge de la convention et dicter leur conduite aux autres pays », a martelé le diplomate chinois. Pour Beijing, cette absence de ratification disqualifie de facto les États-Unis lorsqu’il s’agit d’interpréter ou de faire appliquer ce texte international.
Sur le fond du dossier, Fu Cong a réaffirmé la position constante de son gouvernement, évoquant une souveraineté « incontestable » sur les îles concernées et leurs eaux adjacentes, appuyée selon lui par des arguments historiques et juridiques. La délégation chinoise a par ailleurs retourné l’accusation de déstabilisation contre Washington.
Le représentant chinois a ainsi dénoncé le déploiement d’armes offensives et l’envoi fréquent de navires de guerre et d’aéronefs américains dans la région. Selon Pékin, ces manœuvres, effectuées sous la bannière de la « liberté de navigation », constituent les véritables facteurs de tension. « Qui donc se livre à la coercition et à l’intimidation en mer de Chine méridionale […] et qui sape l’État de droit international ? La vérité est évidente », a conclu Fu Cong devant le Conseil.

