L’isolement social en France prend une tournure particulièrement dramatique lorsque le décès survient à domicile sans que l’entourage ou le voisinage ne s’en aperçoive immédiatement. Un récent rapport met en lumière ces situations où l’absence de liens sociaux conduit à des découvertes tardives des corps, révélant l’ampleur d’un phénomène que les statistiques officielles peinent encore à cerner avec précision.
Selon les données relayées par l’agence Anadolu, l’association Petits Frères des Pauvres a publié ce mardi un décompte glaçant concernant l’année 2025. Au total, trente-deux personnes âgées ont été retrouvées mortes à leur domicile, dans une solitude absolue. Le rapport précise que ces découvertes macabres interviennent parfois plusieurs semaines, plusieurs mois, voire des années après le décès effectif de la personne.
Ce recensement s’appuie sur une veille des faits divers rapportés par la presse régionale française. L’association souligne toutefois que ce chiffre de 32 cas est très probablement en deçà de la réalité. Faute de données officielles consolidées au niveau national, cette comptabilisation reste tributaire de la médiatisation locale des événements, laissant supposer un nombre réel de « morts solitaires » bien plus élevé.
L’analyse des cas recensés permet d’établir un profil sociologique des victimes de cet isolement extrême. Il apparaît une surreprésentation des hommes, ainsi que des personnes âgées de 60 à 75 ans. Ce constat s’inscrit dans un contexte plus large où environ 750 000 personnes âgées vivent actuellement sans liens sociaux en France.
Pour tenter d’endiguer ce phénomène et mieux le quantifier, des mesures structurelles sont annoncées. Les Petits Frères des Pauvres prévoient la mise en place, au cours du premier semestre, d’un comité scientifique. Sa mission sera de définir précisément le concept de « mort solitaire ». Cette étape préparatoire doit aboutir, d’ici la fin de l’année, au lancement d’un observatoire dédié à cette problématique.

