La politique migratoire, pilier central de l’administration américaine actuelle, traverse une zone de turbulence inédite. Alors que le gouvernement intensifie ses actions sur le terrain, un nouveau sondage vient mettre en lumière une rupture nette avec l’opinion publique. Cette chute de popularité intervient dans un climat particulièrement tendu, marqué par des incidents tragiques impliquant des agents fédéraux.
Selon les données d’un sondage Reuters/Ipsos relayées par Al Jazeera, la cote d’approbation du président Donald Trump sur la question de l’immigration a atteint son niveau le plus bas. L’étude, réalisée entre vendredi et dimanche derniers, révèle que seuls 39 % des Américains soutiennent désormais sa gestion du dossier, contre 41 % plus tôt ce mois-ci. Ce recul s’inscrit dans un contexte de réactions vives suite à deux fusillades mortelles liées à la répression contre les migrants.
Le mécontentement grandissant fait suite au décès d’Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, abattu le week-end dernier à Minneapolis, dans le Minnesota, par un agent frontalier américain. Ce drame marque le deuxième incident de ce type dans la ville en moins d’un mois. Le 7 janvier, Renee Nicole Good, une mère de trois enfants âgée de 37 ans, avait également perdu la vie sous les balles d’un agent de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE).
Les chiffres de l’enquête soulignent une perception critique des méthodes employées. 58 % des personnes interrogées estiment que les agents de l’immigration sont allés « trop loin » dans leur lutte contre la migration non autorisée. À l’inverse, 26 % jugent leurs actions « à peu près correctes », tandis que 12 % considèrent qu’elles ne vont pas assez loin.
Face à cette pression, Donald Trump a annoncé lundi l’envoi de son responsable des frontières, Tom Homan, à Minneapolis. Le président a par ailleurs évoqué une conversation téléphonique « très bonne » avec le gouverneur démocrate du Minnesota, Tim Walz, tentant d’afficher une tonalité constructive malgré les circonstances.
Cette tendance de l’opinion est corroborée par d’autres études récentes. Un sondage du New York Times et de l’Université de Sienne, publié vendredi, indiquait déjà que 61 % des répondants jugeaient les tactiques de l’ICE excessives. De même, une enquête du Wall Street Journal datée du 16 janvier rapportait que 58 % des sondés désapprouvaient l’ampleur des efforts d’expulsion, contre 46 % qui les soutenaient ou en demandaient davantage.


