Le calendrier législatif en France connaît un ajustement de dernière minute sur un dossier particulièrement sensible pour les usagers de la route. Alors que le texte visant la simplification de la vie économique devait être examiné incessamment, l’exécutif a choisi de modifier l’agenda parlementaire, suspendant temporairement le sort des restrictions de circulation dans les grandes agglomérations.
L’information, relayée par l’agence Anadolu, confirme que le vote du projet de loi prévoyant notamment la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) ne se tiendra pas cette semaine comme initialement prévu. Matignon a acté le report de cette échéance législative à une date ultérieure aux élections municipales, dont les tours sont fixés aux 15 et 22 mars prochains. Le Premier ministre doit désormais s’entretenir avec les présidents de groupes parlementaires pour redéfinir le parcours de ce texte, repoussant de plusieurs semaines la décision finale sur l’avenir de ces dispositifs environnementaux.
Ce report concerne directement le quotidien des automobilistes dans une vingtaine de villes françaises, dont Paris, Lyon et Grenoble, où les ZFE sont déjà actives. Ces zones, conçues pour restreindre l’accès aux véhicules les plus anciens et polluants, visent à améliorer la qualité de l’air urbain. Leur suppression pure et simple, validée en commission mixte paritaire par des députés et sénateurs, constituait une mesure phare du projet de loi de simplification, mais elle reste en suspens face à la réalité du calendrier électoral.
Cette temporisation a immédiatement suscité des lectures divergentes au sein de la société civile. Pour l’association « 40 millions d’automobilistes », ce délai est perçu comme un soulagement. Son porte-parole, Pierre Chasseray, qualifie cette annonce de « belle nouvelle », mettant en avant le vieillissement du parc automobile français et les difficultés financières des ménages qui ne peuvent pas acquérir de véhicules récents conformes aux normes environnementales.
À l’opposé, l’association Respire exprime une vive inquiétude. Tony Renucci, son directeur, alerte sur un choix qu’il juge « très dangereux pour la santé publique », soulignant la persistance de niveaux de pollution élevés. L’organisation ne s’en tient pas aux déclarations : elle a engagé un recours collectif contre l’État français. Représentée par l’ancien député écologiste Julien Bayou, l’association entend faire constater le non-respect par la France de la directive européenne de 2008 et l’absence de planification suffisante pour atteindre les seuils de qualité de l’air exigés par l’Europe pour 2030.

