Plusieurs milliers de personnes ont défilé dimanche 25 janvier 2026 dans le XXᵉ arrondissement de Paris pour soutenir la famille d’El Hacen Diarra, un Mauritanien de 35 ans mort en garde à vue dans la nuit du 14 au 15 janvier. Le rassemblement s’est tenu devant le foyer des Mûriers, dans la rue Saint-Léger, où l’homme vivait et où il a été interpellé.
Le collectif de soutien a choisi ce lieu symbolique, rappelant que c’est au pied de ce foyer de travailleurs migrants que l’interpellation s’est déroulée. Dans la foule, la pluie n’a pas dissuadé les manifestants, venus pour demander que justice soit faite.
Les faits ont été partiellement rendus publics après la diffusion d’une vidéo devenue virale. On y voit des membres des forces de l’ordre en train de molester El Hacen Diarra. La famille a dénoncé des violences policières, vidéo à l’appui. L’avocat de la famille a déposé plainte pour « violences volontaires ayant entraîné la mort ». L’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices », a été saisie d’une enquête visant des membres des forces de l’ordre apparaissant dans la vidéo.
Des manifestants mobilisés pour une justice « équitable »
Sur place, des manifestants ont exprimé leur colère et leur tristesse. Plusieurs personnes ont rappelé que la mobilisation doit se poursuivre, même si une enquête est en cours. Pour certains, la question dépasse le cas d’El Hacen Diarra et renvoie à une problématique plus large de violences policières. Dans les rangs, des participants ont souligné leur volonté de s’organiser pour éviter que de tels événements ne se reproduisent, évoquant notamment la dimension raciale de ces violences.
Une enquête a été ouverte après le décès d’El Hacen Diarra. Des examens complémentaires à l’autopsie ont été ordonnés, selon les informations relayées par l’AFP. Deux policiers, impliqués dans l’interpellation, sont toujours en exercice, a indiqué l’élue locale communiste Anne Baudonne. Elle a également exprimé son incompréhension face à l’absence de suspension des fonctionnaires, alors que l’enquête est en cours.
De son côté, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a indiqué qu’« rien ne dit, à ce stade, quelles sont les causes de la mort ». Il a toutefois précisé que « le fonctionnaire qui, sur les images, met deux coups de poing, devra s’expliquer », dans un entretien accordé au journal Le Parisien.


