Depuis l’opération militaire américaine ayant conduit à l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro, la tension s’est déplacée vers les voies maritimes des Caraïbes. Alors que l’approvisionnement énergétique de l’île communiste est quasi totalement interrompu par les forces navales américaines, les autorités de La Havane montent au créneau pour contester la légalité de ces manœuvres.
L’ambassadeur de Cuba en Colombie, Carlos de Cespedes, a vivement réagi ce samedi aux actions entreprises par l’administration Trump. Dans un entretien accordé à Al Jazeera, le diplomate a qualifié le blocage des navires pétroliers de « piraterie internationale ». Selon lui, Washington impose un véritable « siège maritime » visant à asphyxier l’économie de l’île en empêchant physiquement l’arrivée des hydrocarbures en provenance du Venezuela.
Une stratégie d’asphyxie assumée par la Maison Blanche
Cette rupture des approvisionnements fait suite aux déclarations explicites du président Donald Trump. Ce dernier a affirmé plus tôt ce mois-ci qu’il n’y aurait désormais « zéro » pétrole vénézuélien à destination de Cuba. L’objectif affiché par Washington est de profiter de la neutralisation du pouvoir à Caracas pour affaiblir son allié historique dans les Caraïbes. L’administration américaine intercepte et saisit systématiquement les pétroliers vénézuéliens, une méthode que La Havane considère comme illégale au regard du droit international.
Donald Trump estime que le régime cubain, privé de sa principale source de revenus et d’énergie, est « prêt à tomber ». Si Cuba continue d’importer du pétrole d’autres sources, notamment du Mexique, la perte du partenaire vénézuélien place l’économie de l’île, déjà fragile, au bord de la rupture. Des sources citées par Politico indiquent même que l’administration américaine envisage un blocus énergétique total, ce qui pourrait précipiter une crise humanitaire majeure pour les 11 millions d’habitants.
Le lourd bilan humain de l’intervention au Venezuela
Les relations entre les deux pays, historiquement hostiles depuis la révolution de 1959, ont atteint un nouveau point de rupture avec les récents événements militaires. Selon les informations communiquées, près de 50 soldats cubains ont perdu la vie lors de l’opération américaine ayant visé Nicolas Maduro. Cette perte humaine s’ajoute à la pression économique exercée par des figures de l’administration Trump, telles que le secrétaire d’État Marco Rubio.
Washington justifie ce regain d’agressivité par une réactivation de la doctrine Monroe, datant de 1823, qui considère toute intervention étrangère sur le continent américain comme une menace directe pour les États-Unis. Une stratégie de domination hémisphérique rappelant l’ère Reagan, clairement mise en avant dans la récente Stratégie de Sécurité Nationale américaine.
Face à ce déploiement de force, la diplomatie cubaine affiche une position de défi. Carlos de Cespedes assure que cette pression « ne changera rien » à la détermination de La Havane, affirmant que le pays ne se laissera pas subjuguer, « même si pas une seule goutte de pétrole n’arrive ».


