La lutte contre le terrorisme et la gestion des frontières restent des priorités absolues pour Ankara. Lors d’un déplacement officiel dans la province d’Aydin, ce samedi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a réaffirmé la détermination de son administration à neutraliser les menaces sécuritaires, tout en dressant un parallèle direct entre ces opérations militaires et la stabilité politique future de la région.
Dans un contexte régional marqué par une instabilité chronique, le chef de l’État turc a tenu à préciser la portée des actions menées par son armée. Au-delà de l’aspect purement sécuritaire, il a développé une vision politique inclusive pour le pays voisin.
**Une stratégie de pacification élargie à toutes les composantes syriennes**
Selon les déclarations rapportées par l’agence Anadolu, le président Erdogan considère que l’intensification de la lutte contre le groupe État islamique (Daech) et l’élimination de la « menace séparatiste » dans le nord de la Syrie constituent des préalables indispensables. Pour Ankara, ces actions ne visent pas uniquement à sécuriser le territoire turc, mais à offrir un soulagement concret à l’ensemble de la zone.
L’argumentaire présidentiel repose sur la nécessité d’une Syrie unie, stable et sécurisée. Recep Tayyip Erdogan a explicitement listé les bénéficiaires de cette stratégie, assurant que les retombées positives concerneraient « les Arabes, Turkmènes, Kurdes, Alaouites, Druzes, Chrétiens et tous les citoyens syriens ». Cette énumération vise à contrer l’idée d’une action ciblée contre une ethnie particulière, en positionnant la Turquie comme garante d’une stabilité multi-confessionnelle et multi-ethnique.
**Une résonance diplomatique jusqu’en Occident**
Sur le plan géopolitique, le président turc estime que la position de son pays gagne en crédibilité sur la scène internationale. Faisant référence aux récents débats du Forum de Davos, il a souligné que les critiques formulées par la Turquie à l’égard du « système mondial » trouvent désormais un écho favorable auprès des chancelleries occidentales. Pour le dirigeant, cette évolution témoigne de l’influence croissante d’Ankara dans les discussions mondiales.
Enfin, Erdogan a insisté sur le rôle de « bouclier » joué par la Turquie, affirmant avoir réussi à empêcher que « l’incendie qui touche les pays voisins » ne se propage sur le sol national, malgré la persistance des risques liés aux mouvements de combattants dans la région.

