Présent au Forum économique mondial de Davos en Suisse, le président américain Donald Trump a profité de cette tribune pour clarifier ses intentions concernant le Groenland. Si le chef d’État a tenu à rassurer la communauté internationale sur les moyens employés pour acquérir ce territoire autonome danois, il a néanmoins maintenu une pression diplomatique explicite sur Copenhague.
Lors de son allocution, Donald Trump a formellement écarté l’option militaire pour prendre le contrôle de l’île. « Les gens pensaient que j’utiliserais la force. Je n’ai pas à utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n’utiliserai pas la force », a-t-il déclaré, répondant ainsi aux inquiétudes soulevées par ses précédentes déclarations sur l’importance stratégique du territoire.
Cependant, cette assurance s’accompagne d’une exigence immédiate de retour à la table des négociations. Pour le président américain, l’annexion du Groenland demeure cruciale pour la sécurité nationale des États-Unis. Il a présenté la situation comme un choix binaire offert au Danemark, formulé avec une tonalité d’avertissement : « Vous pouvez dire ‘oui’, et nous serons très reconnaissants. Ou vous pouvez dire ‘non’, et nous nous en souviendrons. »
Cette déclaration lie directement la cession du territoire à la solidité de l’Alliance atlantique, Donald Trump affirmant qu’une « Amérique forte et sûre signifie une OTAN forte ». Il a par ailleurs soutenu que seuls les États-Unis étaient en mesure de « protéger cette masse terrestre géante, ce morceau de glace géant », bien qu’il ait, à plusieurs reprises durant son discours, confondu verbalement le Groenland avec l’Islande.
Selon nos sources, relayant les analyses d’Al Jazeera, cette nouvelle sortie est perçue de manière mitigée en Europe. Christine Nissen, analyste principale au think tank Europa, souligne que l’abandon de la rhétorique de force pourrait être interprété par le Danemark comme une forme de désescalade. Elle note cependant un changement de stratégie de la part des pays européens, historiquement prudents en raison de leur dépendance structurelle vis-à-vis des États-Unis.
Face à ces nouvelles pressions, les dirigeants européens, incluant ceux du Royaume-Uni et de la France, maintiennent pour l’heure un front uni pour défendre le statut actuel du Groenland, malgré les menaces antérieures de tarifs douaniers évoquées par Washington.


